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L'ALGERIE ET LA RHETORIQUE D'UNE MEILLEURE AMELIORATION URBAINE  posté le mardi 27 septembre 2011 21:57

Blog de paysagiste :architecte-paysagiste, L'ALGERIE ET LA RHETORIQUE D'UNE MEILLEURE AMELIORATION URBAINE

«Supposer la«mort de l'auteur», considérer que le projet de la ville est l'œuvre d'un auteur implicite de sujets collectifs mal identifiés ou encore de la culture d'une époque, sans entrer dans les mécanismes de sa production et de sa réalisation, c'est pour le moins aussi une fuite sur le plan historiographique.»Bernardo Secchi, Première leçon d'urbanisme (2000), Editions Parenthèses, Paris, 2006, p. 41.

A aucun moment, au jour d'aujourd'hui, je ne puis m'empêcher de m'interroger sur ce que nos villes veulent être. Particulièrement lorsque je sais que nous ne sommes plus capables d'imaginer, voire de provoquer une sorte de refaçonnement de l'organisation urbaine, dont les principes seraient puisés dans «la dimension socioculturelle algérienne».

Existe-t-il donc un discours universel de la ville ? Honnêtement, je ne le pense pas. D'autant plus qu'un nombre important d'ouvrages classiques versent dans ce sens et se refusent à l'idée même de la généralisation des modèles urbains. J'ai bien vu en lisant «Testament» de F.L. Wright que celui-ci en bon États-Unien s'adressait aux États-Uniens sur fond de quête de liberté comme fondement de la grandeur de cette jeune nation. De même pour G. Giovannoni qui n'hésite pas d'ailleurs à affirmer que pour les Italiens les villes ne peuvent pas se passer d'art. Qu'en est-il donc pour les Algériens ?

Il faut toujours partir de l'idée que chaque ville est un cas singulier, qu'elle a sa propre histoire, ses propres légendes fondatrices, sa propre culture urbaine, et comme résultat son propre lot d'espaces bâtis et non-bâtis. En ce sens, nous pouvons penser, confrontés à l'inexistence d'un véritable urbanisme dans notre pays, que nos villes ne sont plus villes. Cette idée peut être vraie dans la mesure où ce que G. Bardet appelle «être urbain» ne façonne plus la ville à la guise des valeurs sociales qu'il intériorise et qui sont en même temps régis par des impératifs économiques et des considérations écologiques, et qu'il n'est plus l'unique faiseur de la ville. D'autres facteurs vont dans ce sens, comme « l'inconscience de soi » d'A. Hadj Nacer qui contribue à l'effacement permanent du souvenir collectif comme matériau architectural. J'irai plus loin, je dénonce l'absence de nos sociologues de la scène publique, car ils ne nous disent quasiment rien de la société, ou des sociétés urbaines algériennes. En d'autres termes, comment se fait-il que l'acculturation a poursuivi son cours un demi-siècle après la décolonisation, et que les idéologies de la glorification du vide demeurent aussi vives ?

Ce que j'observe personnellement, c'est que nos villes sont incapables d'imprégner leurs habitants de leur Être, elles sont dans l'incapacité de revendiquer leur droit à la mémoire, de proclamer leur statut de produits de l'histoire. Dans ce champ amputé de toute forme d'autorité et de discipline, tel que Hadj Nacer le rapporte magnifiquement, il est tout à fait normal que l'ensemble des citoyens s'adonne à cœur joie à démolir et à transformer, mais surtout en l'absence de toute sensibilité au beau, à léguer des horreurs et des gâchis aux générations futures.

La notion de figure que nous n'évoquons jamais, ou rarement, dans nos enseignements est au cœur du débat sur la ville. Pour B. Secchi elle est autant de territoires différents qui qualifient la ville et l'introduisent dans l'histoire de l'agglomération moderne. Son recours à cette notion est une méthode en soi, car elle lui permet comme en l'orientant vers la question des lieux de socialisation de mieux s'expliquer le passage de la ville moderne à la ville contemporaine comme territoire de lieux incertains. La ville contemporaine s'inscrit en bonne partie dans «le siècle bref» de l'historien anglais Eric J. Hobsbawm, selon lequel, pendant cette période, grâce au développement technologique, l'urbain a connu un progrès fulgurant. Chez P. Ricœur, philosophe disparu récemment, dont l'œuvre mérite d'être (re) visitée (comme d'ailleurs J. Derrida, P. Bourdieu, dont les disparitions n'ont pas produit malheureusement d'écho particulier dans notre pays), cette notion est plutôt intimement liée à la mémoire. Elle sert à capter l'évolution de l'architecture à travers le temps vécu, à mettre la lumière sur le système de représentation sociale de l'espace-temps et à relever l'importance de la mémoire comme phénomène faisant partie de l'être architectural. Nous pouvons d'ailleurs faire quelques rapprochements avec les travaux de Bachelard sur l'espace comme lieu de représentation et de souvenirs.

Ce n'est qu'en se livrant à ce type d'effort de réflexion, doublé bien sûr de l'effort de comprendre et d'analyser à la manière de C. Lévi-Strauss qui insistait jusqu'à récemment dessus, que nous pourrons mesurer alors la dimension criminelle de l'acte de démolir en milieu urbain, particulièrement quand ce milieu fait partie de la mémoire collective et affective des habitants. Ce qui est certain, c'est que la sélection des démolitions à en croire B. Secchi se fait généralement pour des raisons pratiques. Ces dernières paradoxalement contribuent lorsqu'elles sont dans la déraison, ou qu'elles répondent à des logiques d'intérêts économiques d'individus ou de groupes puissants, à effacer, à condamner la mémoire collective. C'est en ce sens que réduire la ville au discours simpliste des priorités, d'espaces bâtis et non-bâtis est plus que dangereux. Les grands urbanistes s'accordent dans le domaine du patrimoine ou des héritages bâtis, sur l'idée consistant à dire que les architectures mineures, pour ne pas dire sans intérêt architectural, même en état de ruine, constituent le socle vital des architectures majeures. Autrement dit, un monument cesse de l'être en partie s'il n'est pas conservé dans son environnement d'origine aussi banal soit-il.

L'urbanisme devient alors comme le garant de la figure de la continuité mémorielle. En quelque sorte il n'organise pas que la présence avec tout ce qu'elle implique comme conséquence dans un lieu-dit des groupes, mais aussi les temporalités des évolutions collectives et individuelles, et dans le meilleur des cas, de la figure de la continuité urbaine. Malheureusement, nos villes sont loin d'être conformes à cette idée. Elles sont tellement malmenées que nous avons du mal à croire à l'existence de l'urbanisme. L'urbanisme de nos professionnels, particulièrement les réponses qu'il apporte sont loin d'être kahnienne, surtout, du fait qu'elles ne favorisent aucunement l'épanouissement des talents. Elles sont responsables de la détérioration de nos paysages, elles s'étendent à l'ensemble des noyaux urbains si bien qu'ils ont fini par se ressembler à cause de la pauvreté urbaine qu'on leur impose.

C'est le cas par exemple d'El Maleh (ex Rio Salado) où l'on assiste à une véritable prolifération de projets médiocres et à l'affirmation d'un non-urbanisme bien réel. Les nouvelles constructions n'ont pas les qualités des anciennes et ne possèdent pas leur attrait. Aussi nous remarquons que leur disposition est totalement hasardeuse et ne tient aucunement compte de la dimension paysagère si chère au regretté Jean Jacques Deluz. La cathédrale faisant office de bibliothèque vide, pauvrement vide aujourd'hui, et dont le cloché marque la centralité du village coloniale, celui-ci même qui est au cœur de l'excellent ouvrage de Yasmina Khedra« Ce que le jour doit à la nuit » disparait petit-à-petit derrière les mastodontes de la « non architecture » qui prolifèrent dans la périphérie du village.

L'urbanisme n'est apprécié que s'il est d'abord fondé sur de véritables bases esthétiques. Par cette notion j'entends la nécessité de l'effort d'adaptation aux paysages existants, essentiellement par l'effort de récupération des savoir-faire. Un village comme celui que nous venons de citer exige une qualité de connaissance de l'espace et des techniques hors norme des maîtres d'ouvrage, qui doivent veiller au millimètre à la bonne gestion de leur espace administré.

Les villes ne deviennent des événements que grâce à l'exception des urbanistes visionnaires. A des degrés variés je pense à Prost (Casablanca), Berlage (Amsterdam), et Lucio Costa (Brasilia). La monographie de ces cas contribue à remettre en cause l'urbanisme de la règle rigidifiée et juridique. Aucune règle n'est capable de refaçonner les paysages si elle ne bénéficie pas de l'être créatif de son fondateur. En ce sens, il est étonnant de constater que depuis C. Sitte jusqu'au plus récent ouvrage«Première leçon d'urbanisme» de B. Secchi le monde développé prend de plus en plus ses distances de l'urbanisme de la règle du législateur, et recommande surtout la règle de la sensibilité. Cette dernière parce qu'elle est impalpable, forcément, ne fera pas à court terme l'adhésion de nos actuels maîtres d'ouvrage.

Il est certain que globalement nos concernés de l'urbanisme professionnels, habitués à une recette qui n'a fait que trop durer, sont quasiment incapables de mener une réflexion de fond sur l'espace. Pour échapper à l'essentiel ils recourent aux chiffres pour justifier leur démarche, une réponse qui n'explique rien mais qui est surtout, à nous référer aux constations de Jacques Berque sur la question qui nous semblent très actuelles, inadaptée à l'être urbain que nous sommes. Tous les jours tout le monde constate l'échec de l'urbanisme algérien, et je pense que sur cette question je n'invente absolument rien. Actuellement la formule qui revient souvent pour se donner l'illusion de bien faire est «Projet urbain». Ce dernier à défaut de bonne formation, est le plus souvent réduit à des réponses mécaniques et banalisées. En réalité le projet urbain doit être : 1-un projet de société qui prend en compte le mode de vie des habitants, l'impératif d'améliorer leur environnement aussi bien esthétique que culturel, 2- un projet de ville dans la ville, dans la mesure où il doit tenir compte des particularités principales de la ville en question, 3- un projet d'esthétique, car il doit toujours se faire dans la perspective de rendre la ville la plus agréable possible à vivre et à regarder.

Depuis à peu près deux décennies, les villes algériennes ont malheureusement entamé un long processus de détérioration. Qu'il s'agisse de neuf ou d'ancien, tous les paysages sont délabrés et généralement inachevés. La gestion de la ville souffre de faiblesses très importantes. Oran bien sûr n'échappe pas à ce constat. L'aménagement et le réaménagement des ronds-points fait légion. Les réseaux d'eaux, potables et usées, éclatent tout le temps. Les pluies ne sont presque plus les bienvenues, elles transforment la ville en gigantesques flaques d'eau qui menacent la vie des citoyens et inondent les trémies. Les espaces libres sont détournés au profit des uns et des autres. Certaines aires vertes sont déracinées pour laisser place à des mosquées inesthétiques de plus en plus nombreuses…

Il est certain que «l'aller à la ville» ne se fait jamais dans le sens de la périphérie, mais toujours dans le sens de la ville coloniale, comme quoi la périphérie ne fait pas ville. Encore une fois un constat qui ne fait qu'affirmer l'échec de l'urbanisme algérien. Faut-il donc attendre que ce qui reste de nos villes cessent de l'être définitivement ?

par Benkoula Sidi Mohammed El Habib*

Prenant à contre-pied les analyses et enquêtes sur les origines de la grogne sociale en Algérie, le Cnes de Mohamed Seghir Babès a trouvé le coupable à l’issue de sa tournée à travers le territoire national, où il a eu à rencontrer des représentants de l’administration, des élus locaux et la société civile. Son constat est accablant : la défaillance de l’administration et des élus. Le Conseil de M. Babès met dans le même paquet des responsabilités ou de la culpabilité les élus qui sont de l’avis de tout le monde bridés et les représentants de l’état, walis et chefs de daïra.
Un avis partagé par le président de la République dans son message lu par son conseiller, M. Boughazi, au dernier round des assises du Cnes qui s’est tenu, jeudi et vendredi à Alger, dans lequel il reconnaît l’échec des programmes de développement en raison de “défaillances de l’administration locale”.
Le président du CNES a défendu la neutralité de son organisme chargé par le président de “sonder” le citoyen et de “l’écouter”, alors que la majorité des invités représente exactement ceux-là mêmes qu’il a pointés du doigt, notamment les walis qui sont nommés par l’administration centrale. Certains représentants associatifs se sont d’ailleurs plaints de l’exclusion de nombreuses associations par les walis chargés du dispatching des invitations pour les assises d’Alger. Et puis les associations habituelles, celles de la périphérie du pouvoir, présentes en grand nombre. En fait, des personnes qui, d’une manière ou d’une autre, participent soit à la gestion ou dans les décisions et dont certainement le citoyen se plaint.
En plus des problèmes de logement et de l’emploi, les jeunes réclament, selon M. Babès, “une place” dans la gestion locale. Des problèmes connus mais que l’administration locale n’arrive pas à résoudre.
Entre autres raisons, relève le constat de M. Babès, la centralisation de la décision. Il reconnaît par ailleurs la rupture entre le citoyen et l’administration locale qui s’exprime souvent par la méfiance. Le président du Cnes propose, entre autres, le rétablissement de ce lien de confiance. Il préconise également l’implication à travers la participation du citoyen à la gestion des “affaires” locales à travers un droit de regard. La démocratie participative. L’état doit, selon M. Babès, céder certaines de ses prérogatives, surtout la gestion et la décision locales, et garder ses prérogatives régaliennes. Rien de nouveau, si l’on se réfère au projet de réforme des missions et structures de l’état qui préconise la décentralisation. Le Cnes fera des recommandations “pertinentes”, dont un avant-projet doit clôturer les assises, avant de les soumettre avec le rapport final au président de la République. M. Babès indiquera que le gouvernement devra appliquer ces recommandations. Implicitement, il accable l’Exécutif auquel il soumet une nouvelle feuille de route et un agenda pour la concrétiser.

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Une nouvelle stratégie de lutte contre les risques urbains en Algérie.  posté le lundi 17 janvier 2011 12:03

Blog de paysagiste :architecte-paysagiste, Une nouvelle stratégie de lutte contre les risques urbains  en Algérie.

Par Mehdi Lotfi & Di Pietro Francesca, Doctorant et maître de conférences
Équipe « Ingénierie du Projet en Aménagement - Paysage et Environnement » (IPA-PE), UMR CNRS 6173 CITERES, Université de Tours, France
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Introduction :

Les théories urbanistiques ont, dans le passé, attribué deux principaux services au végétal dans le milieu urbain : l'un social (détente, loisirs, rencontres, etc.) et l'autre urbanistique (espace interstitiel, espace d'accompagnement d'équipements publics, etc.). L'esthétisme et l'hygiénisme sont venus compléter par la suite les fonctions de l'infrastructure verte urbaine.

De nos jours, face à l'amplification des crises environnementales (réchauffement planétaire, urbanisation galopante, érosion de la biodiversité, pollution, etc.), de nouveaux rôles, allant de la fixation des particules chimiques, à l'introduction de la biodiversité dans les zones urbaines, incombent à la trame verte urbaine (structure verte). Cette notion est de plus en plus utilisée par les professionnels de l'aménagement et de l'urbanisme (Clergeau, 2007), au point qu'elle vient d'être déclarée comme étant une stratégie d'intérêt national (Grenelle de l'environnement, 2007 : trame verte et bleue). Désormais, en France, les documents d'urbanisme et d'aménagement (SCOT, PLU, POS, etc.) et les politiques urbaines ont l'obligation de prendre en considération la trame verte à toutes les échelles de prise de décision (locale, régionale, nationale, voire supranationale). Ceci en raison des nombreux services et vertus qui lui ont été reconnus, dont plusieurs font partie intégrante des recommandations du développement durable, sur les plans social, économique et écologique.

Dans cette communication nous commençons par présenter un aperçu de l'émergence de la notion de structure verte. Afin de mieux illustrer nos propos, c'est une étude de cas concret qui sera développée par la suite ; pour cela, nous avons opté pour le choix de l'agglomération tourangelle (qualifiée de « métropole jardin » dans les années 1970) et de son expérience acquise dans d'aménagement de sa structure verte. Nous terminerons par une illustration globale du cadre réglementaire en matière d'EV et de leur prise en compte dans les politiques publiques. Des précarisations de conception et de gestion des EV, adaptées au contexte physique et culturel des villes algériennes sont envisagées.

Les questions centrales qui seront traitées dans cette présentation sont : A quoi sert la structure verte ? Comment contribue-t-elle à la prévention des risques urbains ? Serait-il cohérent de concilier les différents rôles, parfois contradictoires, joués par cet équipement structurant de la ville ?

1) De l'espace vert à la structure verte

La notion d'espace vert indique, en son sens le plus large, un espace végétalisé, privé ou public, localisé à l'intérieur des zones urbaines ou urbanisables et faisant l'objet d'une classification en typologie (Merlin et Choay, 2005) ; la notion de zone urbaine elle-même est toutefois équivoque, car elle est considérée en quelque sorte comme un antagoniste de la zone rurale, bien que la limite spatiale entre les deux zones reste non apparente et discutable. En outre le statut privé ou public attribué aux EV est considéré tantôt du point de vue de la propriété foncière (particulier, établissement, État...), tantôt du point de vue de l'ouverture aux usagers.

Dans ce travail nous considérons donc les EV publics comme des espaces non bâtis, végétalisés, gérés par le service des EV d'une commune et ouverts au public.

La végétation des zones urbaines comprend aussi les jardins familiaux, les espaces naturels aménagés, les forêts-promenades, les jardins botaniques ... C'est ainsi qu'aujourd'hui on ne parle plus uniquement d'EV pour rendre compte du végétal dans la ville.

C'est la structure verte qui caractérise toutes les formes du végétal dans la trame urbaine et même au-delà. Ainsi, la verdure est utilisée comme élément structurant de la ville : coupure verte, coulée verte, ceinture verte, aire de repos et pelouses, parcs urbains, terrains de sport... (KERBOUC'H, 1998). La notion de structure verte, permet de ne plus considérer chaque type d'EV comme un système indépendant, mais de l'analyser dans ses relations avec la ville. Cela implique une unité de conception de ces équipements.

2) La structure verte en tant qu'équipement polyvalent

Les EV, conçus pour répondre à une demande sociale ou pour avoir une fonction culturelle, ont également un rôle écologique en tant qu'habitat d'espèces végétales non cultivées ; l'étude des écosystèmes urbains est donc un de nos objectifs. Plusieurs études montrent en effet que les écosystèmes urbains ne sont pas simplement une dégradation d'écosystèmes ruraux mais qu'ils possèdent des caractéristiques spécifiques qui en font des écosystèmes à part entière (Clergeau, 2007). Nous pensons que cet objet d'étude est d'autant plus important que l'étalement urbain, et la réduction de milieux semi-naturels aux portes des villes, est un des principales données de l'évolution de l'occupation du sol (Williams et al, 2008). Il s'agit donc d'évaluer dans quelle mesure et à quelles conditions (de gestion, de localisation et de fréquentation des EV) la ville peut accueillir des espèces végétales non cultivées.

Par ailleurs, dans le cas des traversées urbaines des cours d'eau, ces espaces semi-naturels, que sont les EV, représentent également des espaces potentiels d'écrêtement des crues et offrent donc une opportunité de protection des populations contre le risque d'inondations. Pour terminer les EV sont également des éléments qui, articulés entre eux, peuvent délimiter un espace voué à l'urbanisation et limiter l'étalement urbain : c'est la fonction des ceintures vertes, dont la ville de Rennes est un des exemples les plus connus en France.

Nous suggérons donc que, à côté des services rendus par les EV (sociaux, urbanistique (équipement structurant), environnementaux (lutte conte la pollution), économique (tourisme : exemple des villes vertes), etc.), qui sont plus connus, il existe des fonctions émergentes des EV : rôle écologique, d'écrêtement des crues, de limitation de l'étalement urbain. Ce sont les deux premières fonctions que nous allons illustrer en prenant l'exemple de l'agglomération tourangelle.

3) L'agglomération tourangelle

a) L'agglomération tourangelle et l'espace fluvial

La ville de Tours compte, en 2008, 137.046 habitants, et l'aire urbaine 397.700 habitants. Sur le plan administratif, l'agglomération tourangelle regroupe quatorze communes. Tours est donc une zone urbaine de taille moyenne, plus ou moins dense et traversée par deux corridors fluviaux, la Loire au Nord et le Cher au Sud. La tache urbaine, radioconcentrique, est déformée par la présence de ces deux fleuves (Figure 1).

Au cœur de l'agglomération tourangelle, on trouve de plusieurs espaces, plus ou moins vastes, libre de toute urbanisation (le lit endigué de la Loire, la plaine de la Gloriette, la plaine alluviale du Cher en amont de St-Avertin). La présence de tels espaces préservés si proches du centre est assez exceptionnelle. Ces espaces ont été préservés par leur inondabilité. Les crues plus ou moins fréquentes qui touchent ces secteurs ont constitué un obstacle historique à l'urbanisation. Ce risque d'inondation a rendu tout aménagement classique impossible. On a ainsi de vastes espaces « semi-naturels » en plein cœur de l'agglomération.

Ces espaces non urbanisés constituent des réserves foncières qu'on a utilisées lors de la forte croissance urbaine des dernières décennies. En effet, de gros aménagements de protection (digues, remblais) permettent de baisser le niveau du risque d'inondation (Figure 1). C'est ainsi que sont nés les quartiers des Fontaines et des Rives du Cher dans les années 70 et le plus récemment le quartier des deux Lions (Sawtschuk, 2005).

Encadré 1 - Historique de l'urbanisation de l'agglomération de Tours dans le corridor fluvial (source : Sawtschuk, 2005)

Jusqu'au Moyen Age, la plaine alluviale de la Loire dans la région de Tours était très peu occupée en raison de la variabilité des lits de la Loire et du Cher et des fréquentes inondations. Cependant les terres enrichies par les limons alluviaux sont très fertiles et attirent les cultivateurs. Les gens s'installent à l'abri des inondations sur des tertres insubmersibles qui parsèment la plaine alluviale. Ainsi la ville de Tours était située originellement sur un tertre autour de la cathédrale saint Gatien. Ces tertres se retrouvent isolés lors des crues.

Puis on commence à construire des turcies (digues submersibles) pour se protéger des courants. Au cours des XIVème et XVème siècles, on construit des digues puissantes insubmersibles. L'habitat se développe sur ces digues parcourues par une route (exemple de St-Genouph et Barthenay). Cependant ces digues ne sont pas continues et la plaine continue d'être inondée lord des grandes crues.

Les digues deviennent continues au XVIIème siècle. Les lits de la Loire et du Cher sont fixés. Le risque d'inondation semble écarté et les gens commencent à s'installer dans le lit majeur. Ce sont d'abord quelques fermes isolées, des couvents (la Ville aux Dames) ou le cimetière (St-Pierre des Corps). Les faubourgs de Tours commencent à s'étendre.

Quelques grandes inondations viennent cependant rappeler le risque, en particulier en 1846, 1856 et 1866. L'augmentation de la hauteur des digues semble mettre la plaine à l'abri des crues. L'arrivée du train accompagne le développement industriel de la région. La population ouvrière augmente peu à peu et s'installe dans la plaine alluviale à Saint Pierre des Corps. Les maraîchages se développent à proximité pour répondre à la demande croissante de la ville. Depuis 1907 il n'y a plus eu de grande crue. Le souvenir de la crue s'efface peu à peu et on se croit à l'abri derrière les digues.

Après les destructions de la deuxième guerre mondiale, l'agglomération connaît une forte croissance économique et la population explose. Pour faire face à la demande de logements, de grands ensembles d'immeubles sont construits tout autour du centre ville de Tours, en particulier à St Pierre des Corps. Tout l'espace entre la digue du Cher et de la Loire finit par être utilisé et on commence à lorgner sur les zones à proximité du centre ville encore préservées de l'urbanisation, en particulier les prairies alluviales du Cher.

Au cours des années 1970, le maire de Tours lance une grande opération d'aménagement pour urbaniser les rives du Cher. Le cours du Cher est dévié et canalisé entre deux énormes digues. Sur les terrains mis à l'abri des inondations, on construit les « barres » du quartier des Fontaines ainsi que la zone de loisir du lac de la Bergeonnerie. L'urbanisation se continue dans les années 1990 avec le remblaiement de la zone à l'ouest du lac de la Bergeonnerie pour permettre la construction du quartier des Deux Lions.

Actuellement, suite aux nouvelles règlementations, et notamment le Plan de Prévention des Risques d'Inondation (PPRI), on ne peut plus réaliser de tels aménagements dans ces secteurs. Il faut donc trouver de nouvelles façons d'aménager cet espace, compatibles avec les caractéristiques du lieu.

Encadré 2 - Qu'est-ce que le PPRI (source : Mehdi et al, 2009)

Le PPRI indique le niveau d'aléa de part et d'autre de l'ensemble du corridor fluvial, allant du niveau 1 (NIV-1) à aléa faible au Niveau 4 (NIV-4) à aléa très fort. Les espaces classés niveau 3 et 4, où les habitations devraient être interdites, ont été affectés aux espaces végétalisés par les autorités locales : espaces verts publics pour le niveau 3 (dans les limites du périmètre urbain) et espaces délaissés à l'état semi-naturels (des bois en majorité) pour le niveau 4. Le cadrage rouge (Figure 1) illustre l'application des recommandations du PPRI dans une zone où les constructions ont été interdites en implantant le parc de la Gloriette. En revanche l'urbanisation poursuit son développement habituel dans les espaces aux alentours.

Le Plan de Prévention des Risques d'Inondation (PPRI), restrictif en termes d'urbanisation à proximité des cours d'eau, a donc permis de libérer de l'espace au profit des zones seminaturelles.

b) Les EV dans l'agglomération tourangelle

L'agglomération tourangelle dispose donc de 36 EVP de plus d'un hectare pour un total de 1.142,47 hectares (BD-AUAT, 2006).

Une grande partie des EVP est localisée au bord de Loire et du Cher. Dans ces zones fortement inondables, situées de part et d'autre de la Loir et du Cher, on peut compter huit EVP qui sont plus ou moins artificialisés (l'île Balzac et le lac de la Bergeonnerie ont été créés dans le cadre de l'aménagement des rives du Cher ; en revanche, le parc de l'île Simon a été disposé sur une île naturelle de la Loire).

Certains espaces remarquables sont situés en plein coeur de l'agglomération (ex: la Camusière et la plaine de la Gloriette, classées en Espace Naturel Sensible, ENS, le parc de Grandmont et les Grandes Brosses, qui font partie du réseau NATURA 2000). En effet ces espaces végétalisés n'ont pas seulement pour rôle la prévention contre les risques d'inondation, mais ils constituent également des écosystèmes riches en biodiversité (L'île Simon , Bois des Plantes classé ENS ).

Enfin de compte, le PPRI de l'agglomération tourangelle a non seulement préservé le foncier inondable contre l'urbanisation, mais il a permis aussi la création d'EV d'une valeur écologique satisfaisante (Figure 2.3). Un tel dispositif n'existe pas encore en Algérie, pour la protection contre les risques d'inondation, le pays dispose d'une loi n° 04-20 datant de 2004, et d'un récent décret exécutif (n°09-399). Dans les deux mesures le végétale n'a, hélas, pas trouvé sa place. Par conséquent, une question cruciale subsiste : Quel est le sort des zones inondables et non constructibles situées en plein milieu urbain ?

4- Les politiques des EV en Algérie

a) Analyse du cadre réglementaire

Récemment (en 2007), l'Algérie s'est dotée d'une nouvelle loi (n°07-06, du 13 mai 2007) qui a pour ambition de réglementer la planification, la conception et la gestion des EV. A présent, la plupart des décrets d'application de cette loi sont en cours d'élaboration (MATET, 2009). Depuis, deux décrets exécutifs seulement ont été publiés, il s'agit en premier lieu du n° 09-67 (7 février 2009), plus précisément il est constitué d'une simple liste d'arbres et arbustes (au nombre de 39) susceptibles d'être plantés en milieu urbain. Excepté la nomenclature, le décret ne donne aucune précision quant aux normes à respecter dans la plantation et l'entretien de ces espèces, à savoir que les villes algériennes sont situées dans des conditions abiotiques très variées. En second lieu, le décret exécutif n° 09-147 (2 mai 2009) fixe le contenu et les modalités d'élaboration, d'adoption et de mise en œuvre du plan de gestion des EV. Ce dernier présente une typologie d'EV avec un plan de gestion pour chaque type (au nombre de 9 types), dans la plupart des cas il est arrêté au niveau ministériel, ce qui correspond à une nouvelle forme de centralisation des prises de décision. En revanche, l'implication et la souveraineté des services techniques municipaux ont été entièrement occultées.

Par ailleurs, en France la circulaire du 8 février 1973, qui concerne la politique d'aménagement des EV, est toujours en vigueur. Cela dit, « Depuis la loi du 2 mars 1982 relative à la décentralisation, l'application du décret du 28 février 1973 n'est pas obligatoire pour les collectivités locales. » (MELTE, 1991: 30). Ceci a conféré aux services techniques municipaux une autonomie, voire une souveraineté, considérable dans les choix de conception et de gestion de leur trame verte.

La comparaison des deux cas montre que les pratiques actuelles d'aménagement en Algérie (construction de nouvelles citées, création des espaces verts d'accompagnement des équipements,...) se rapprochent significativement de celles de l'époque des années 60-70 en France (construction des grands ensembles de l'après guerre, par exemple). Hélas les autorités politiques algériennes n'ont pas bénéficie de l'expérience de leurs homologues français, elles sont entrain de reproduire en quelque sorte leurs erreurs. A tire indicatif, en France les autorités politiques ont opté depuis quelques années pour la destruction progressive de ces grands ensembles (environ 3 millions de logements), qui constituent le terreau fertile de la délinquance, et ce en ayant pour but de les remplacer par du pavillonnaire. En Algérie, récemment il a été décidé la construction de cités qui vont abriter par moins d'un million de logements, sans se préoccuper de leur destinée. Le choix est simple, le quantitatif l'a emporté au détriment du qualitatif.

A l'heure du développement durable, de la planification et de la sauvegarde des corridors écologiques dans les pays développés, notamment afin d'introduire de « la nature » en ville, les politiques d'aménagement des EV en Algérie sont toujours basées sur des considérations purement urbanistiques (équipement interstitiel), si ce n'est pas esthétiques. Par ailleurs, la biodiversité urbaine, voire le domaine de l'écologie urbaine, n'a guère trouver d'écho auprès du législateur algérien, ni de celui de la recherche scientifique.

b) La place des EV dans les politiques publiques algériennes

Les villes algériennes sont connues par la vunérabilité de leur EV face à la pression urbaine. Nombreux de ces derniers ont vu leurs surfaces diminuées, grignotées voire disparaître complètement, et ce bien entendu avec la complicité des autorités locales (Mehdi, 2005). La presse nationale, notamment écrite, nous renseigne quotidiennement de ce genre de dépassement, et parfois de crise entre riverains souhaitant la préservation de cet équipement public et les autorités locales qui approuvent sa concession.

Depuis l'indépendance et jusqu'aux années 70, les villes algériennes ont réussi à conserver un cadre de vie plus ou moins agréable (Meziane, 2004), et un savoir-faire hérité de la colonisation française dans le domaine de l'horticulture et du jardinage. La période comprise ente les années 80 et 90 a été marquée par le début de la dégradation des trames vertes urbaines, liée essentiellement aux conséquences du deuxième choc pétrolier de 1979 (diminution des subventions publiques). Le rythme de dégradation a été accélérer suite aux éventements qu'a connu le pays durant les années 1990 (appelé aussi la décennie noire ou 6 d'absence de l'État). La situation d'instabilité politique a permis l'ascension, notamment au niveau local, d'une classe dirigeante relativement peu qualifiée et ayant pour principale but la sécurisation de leur territoire. Dans un tel contexte d'instabilité politique la spéculation foncière a atteigne son apogée.

A titre d'exemple, les résultats de notre étude menée sur la prise en compte des EV dans le cas de la ville de Bordj Bou Arréridj (Mehdi, 2005), ont révélés que cette dernière a perdu, dans l'intervalle de 10 ans (entre 1993 et 2004) pas moins de 60 % de sa trame verte. Depuis la situation n'a guère évolué, et ce en dépit de l'extension urbaine exceptionnelle que connaît cette ville, comme c'est le cas dans la plupart des villes algériennes.

A l'instar de BBA, la situation des EV dans la majorité des villes algériennes est dans un état critique, pour le moins qu'on puisse le dire, à ce sujet Abdellah Meziane témoigne : « Aujourd'hui, alors que la législation n'a pas changé et que la population a presque doublé, les EV sont abandonnés au point que les budgets sont détournés pour d'autres nécessités. Et s'ils existent, ils sont souvent alloués à des entreprises sans compétence dans l'aménagement des EV et gérés par des architectes de bâtiments qui ne connaissent des arbres et des arbustes que leurs distances de plantation ou à des forestiers dont la vocation est de faire pousser les forêts » (Meziane, 2004 : 2).

Le boum financier qu'a connu le pays depuis l'augmentation surprenante du prix du pétrole, et par conséquent celui des budgets consacrés au renouvellement urbain, n'a pas permis d'atteindre les objectifs escomptés. Une remarque qui a été d'ailleurs soulevée dans le manuscrit de ce séminaire. Il est évident que la principale cause du dysfonctionnement de l'appareil politique est due à ce que nous qualifions de « crise politique ». Celle-ci peut être caractérisée par plusieurs tendances, dont nous citons seulement :

  • Situation de rupture entre pouvoir dirigent et société civile (Très faible taux de participation aux dernières élections électorales et municipales (- 50 %)).
  • Régression des libertés d'expression, ne serait-ce que comparé à celle de la période comprise entre 1998-1991(disparition de nombreux journaux).
  • Absence d'une opposition politique représentative et indépendante.
  • Crise socio-économique : l'économie nationale est dépendante à pas moins de 96 % de la rente pétrolière (Troin et al, 2006), scandales politico-financier, taux de chômage très élevés, exode de la population vers l'étranger, etc.
  • Rejet de responsabilité entre responsables et entre autorités.
  • Centralisation des pouvoirs au tour d'un petit nombre de protagonistes.
  • Faible implication de la recherche dans la prise de décision politique, notamment à l'échelle locale.
  • Enfin, absence d'évaluation des politiques publiques.

Rappelons que tous ces éléments développés, et bien d'autres, ne constituent que les conséquences de la dite « crise politique ». Elle-même peut être considérée comme étant la principale cause freinant le processus de développement en Algérie, et c'est sur quoi il serait intéressant, voire urgent, de focaliser les réflexions, en traitant les questions suivantes :

Comment penser le retour vers une « réelle démocratie » ? A quel modèle démocratique faut-il se référer ? Comment éviter de tomber, encore une fois, dans l'extrémisme idéologique (nationalisme, islamisme, communautarisme, etc.) ?

Nous tenons à rappeler que si ces questions, d'ordre politique, sont évoquées ici, c'est parce que les choix en matière d'aménagement urbain sont déterminés en grande partie par les décisions politiques (au sens d'homme politique). En d'autres termes, les considérations relatives à l'aménagement du territoire, et en partie aux EV, nous semble dépendre des objectifs poursuivis par les politiques locales. Dans un contexte d'aménagement d'un pays en voie de développement, il est évident que d'autres enjeux prennent le pas sur les considérations relatives à l'aménagement du territoire, et que nous laisserons aux lecteurs la possibilité de poursuivre la réflexion sur les objectifs déterminer par ces politiques.

c) Quels acteurs pour quelles responsabilités en matière d'EV (autorités locales, population, services techniques et professionnelles,...)

Au tour de la thématique de la conception, la gestion et la planification des EV, et selon les cas, plusieurs intervenants et bénéficières sont concernés. Habituellement, la conception est confiée aux architectes ou aux urbanistes et non pas aux ingénieurs paysagistes (Meziane, 2004). En revanche, la gestion fait partie des compétences des services techniques communaux. Comme ces services sont souvent débordés, soit par manque d'effectifs ou de matériels, ils font appel au secteur privé, qui est dans la plupart des cas peu compétent en la matière (Meziane, 2004). Du moment qu'il n'y a pas d'études d'évaluation des politiques publiques ou de révision des budgets alloués à l'aménagement des EV, nous nous pourrons se prononcer pour le moment sur d'éventuels détournement d'argent ou de malversation, à l'instar des grands scandales évoqués dans la presse nationale (Sonatrach, Ministère des travaux publics, banque khalifa, etc.). Même si ces fraudes ont été établies, il serait difficile de les chiffrés dans leur globalité, car ils seront disséminées et le mode d'action risque d'être variable d'une collectivité à une autre.

Si on admit le fait que l'état actuel des EV en Algérie est critique, la responsabilité est rejetée entre les politiques et la population, d'une part, entre les autorités locales elles-mêmes (mairie, direction de l'environnement, direction de l'urbanisme, conservation des forêts, ...), d'autre part. L'étude que nous avons menée dans le cas de BBA a mis en exergue une large responsabilité des autorités locales dans le processus de dégradation des EV de cette ville .
En pratique, les usagers concernés par le rôle social des parcs et jardins ne bénéficient que d'un minimum de service rendu. En plus et depuis quelques années, pour des raisons de propagande (crise politique y oblige), la classe dirigeante tente de mettre en valeur l'idéologie nationaliste. L'impact de cette ancienne/nouvelle idéologie s'est traduit dans le cas des EV par la construction de monuments historiques glorifiant la révolution algérienne (1945-1962), et par conséquent la fermeture de ces derniers (Figure 3).

Si le citoyen algérien est aujourd'hui désigné par son manque de civisme, c'est parce que il a vécu dans un climat d'anarchie qui a pris naissance quelques années après l'indépendance. Cela est dû à la défaillance de l'État dans son obligation de fournir à la population des équipements de qualité et de quantité suffisante. Apparemment cette tendance ne va pas s'affaiblir dans les années futures.

5) La trame verte tourangelle serait-elle le bon exemple à suivre ?

Depuis quelques années plusieurs wilayas se sont lancées dans une démarche de construction de bassin de rétention et de canalisation des Oueds traversant leurs zones urbaines (Figure 2). La canalisation des Oueds urbains permet de gérer d'une manière temporaire et limitée le risque, mais elle ne règle pas définitivement le problème d'inondation. C'est pourquoi, penser aujourd'hui à une nouvelle approche de gestion de ce risque est plus qu'une simple nécessité, ne serait-ce que pour atténuer les éventuelles conséquences du réchauffement planétaire.

En effet, le contexte physique de l'agglomération tourangelle est très différent de celui des villes algériennes, mais l'aléa est le même. Les Oueds urbains constituent une difficulté de taille, car ils sont imprévisibles et souvent à sec, ce qui efface « la mémoire du risque ». Plus grave quand ils traversent les zones urbaines, il suffit qu'une seule construction voie le jour dans la zone inondable est le processus d'urbanisation sera déclanché automatiquement, d'abord dans le lit majeur et puis dans le lit mineur (parfois avec un permis de construire à l'appuie) (Figure 2.1 et 2 ; Figure 4). Telle est la raison qui nous à amener l'année passée à proposer un nouveau dispositif de lutte contre l'urbanisation des zones inondables, que nous avons nommé : Les Boisements de Rétention des Crues (BRC) (Mehdi et al, 2009). Ce dispositif pourra être considéré comme une nouvelle typologie d'EV, car en plus de son rôle préventif, il a également pour mission de répondre aux différentes fonctions que joue habituellement la trame verte (allant du rôle social à celui de la sauvegarde de la biodiversité et de l'introduction de « la nature » en ville).

Il est évident que la végétalisation des zones inondables en France va être renforcée, surtout après l'instauration de la trame verte et bleue comme une stratégie nationale pour la protection de la biodiversité et des écosystèmes. Les villes algériennes, si elles n'anticipent pas leur aménagement en adaptant le même procéder et en respectant leur contexte physique et socio-culturel, les répercussions risquent d'être conséquentes.

Conclusion

Depuis que l'État en Algérie s'est lancé dans une politique « d'urbanisation extensive », les erreurs de planification et d'anticipation ne cessent de s'amplifier. Fournir des logements et des équipements publics à quantité suffisante à été pendant longtemps le principal souci de ces autorités. Maintenant qu'un long chemin a été fait, les équipements considérés tantôt secondaire, tantôt de luxe, dont les espaces verts, vont trouver tout leur intérêt. Cependant, l'aménagement de la trame verte urbain reste toujours une mission délicate, et ce en raison de son coût considérable et de sa vulnérabilité. L'expérience occidentale en la matière pourra servir de modèle, voire d'inspiration, à condition qu'elle soit adaptée au contexte local.

Pour lutter contre les risques urbains, le végétale demeure un moyen efficace et durable, de part ses multiples fonctions. L'Algérie a toutefois accusé un long retard dans le domaine de l'aménagement de l'infrastructure verte, son retour devrait se faire en se référant aux avancées actuelles et non pas vers un retour en arrière, comme c'est le cas aujourd'hui. La loi n° 07-06 relative à la conception et la gestion des espaces verts, n'est d'autre qu'un simple document normatif, dans lequel la valeur esthétique et urbanistique prime sur le reste. Paradoxalement, la circulaire française du 8 février 1973 a mis plus l'accent sur le rôle des EV dans l'équilibre écologique. Hélas, à l'heure de l'érosion massive de la biodiversité, causée entre autre par l'urbanisation, le législateur algérien n'a pas tenu compte de l'aspect fonctionnel de l'espace vert en tant qu'écosystème à part entier. Dans le but de corriger ses erreurs stratégiques, nous orientons le lecteur vers le domaine de l'écologie urbaine, auquel devrait, dorénavant, se référencier les praticiens de l'urbanisme (Clergeau, 2007).

Ce travail constitue un appel aux politiques algériens, afin qu'ils prennent au sérieux l'aménagement de la structure verte. Dépenser des sommes colossales pour des équipements éphémères ne fait partie des recommandations du dit développement durable.
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Notes :
Dans ce document, nous désignons les EV sous le sigle EV
Dans le cadre de notre thèse, parmi les 13 bois urbains échantillonnés, L'île Simon fait partie des bois les plus riche en biodiversité floristique.
Espace Naturel Sensible.
Loi n° 04-20 du 25 décembre 2008 relative à la prévention des risques majeurs et à la gestion des catastrophes dans le cadre du développement durable.
Décret exécutif n° 09-399 du 29 novembre 2009 définissant les instruments de prévision des crues.
« Elle définit les EV d'une manière très extensive : les parcs, jardins, squares, les plantations d'alignement et les arbres d'ornements intra-muros, de même que les bois, les forêts, les espaces naturels et ruraux périurbains sont considérés comme des EV (chlorophylliens) » (Boutefeu, 2005 : 9).
Émeutes de 2005 dans les banlieues françaises.
Le président Bouteflika a annoncé un autre programme de construction d'un million de logements en Algérie entre 2010 et 2014 (09/09/2009). (Source : http://www.algerie-dz.com/article17682.html).
Architecte paysagiste qui a écrit plusieurs articles sur les politiques d'aménagement des EV en Algérie (voir : http://fr.calameo.com/read/000001084892b8e10f628).
« Depuis deux décennies, on constate à travers la mobilisation des moyens financiers, techniques et législatifs, la forte volonté politique d'engager des actions (production et protection) en faveur de l'environnement urbain, mais force est de constater l'absence de résultats palpables ».
Plusieurs rapports internationaux (sur : l'économie, l'enseignement supérieur, l'innovation, le niveau de vie, etc.) place l'Algérie souvent au-dessous de la position 100, et ce en dépit des moyens financiers dont dispose l'État.
Bordj Bou Arréridj.
« Que ce soit des constructions publiques (administrations -comme l'hôtel des finances-, directions -comme l'inspection de l'environnement, la conservation des forêts, le complexe culturel-, les monuments et lieux de commémoration historique à caractère nationaliste -comme le musée du Moudjahid, les mosquées) ou privées (kiosques, maisons, terrasses,...), ils ont tous trouvé une place au sein des ces espaces dit « vides et/ou délaissés » (Mehdi et al, 2009 : 6).
« Il s'agit de cours d'eau à régime hydrologique très irrégulier, ..., il tire sa source des rares et fortes précipitations. Les oueds sont le plus souvent à sec, mais peuvent connaître des cures spectaculaires (avec d'énormes quantités de boue), qui provoquent parfois des changements de lit. De compétence très forte et souvent très chargé, on dit de l'oued qu'il roule plus qu'il ne s'écoule » (Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Oued).
À l'occasion du séminaire international : « La ville et les risques urbains », acteurs, pratiques urbaines, gestion et systèmes de prévention ; Université de Constantine, 05-06 MAI 2009.
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Bibliographie

  • BEKKOUCHE Ammara (1997); l'espace vert urbain public : Entre pratique et conception ; in insaniyat, espace habité, vécus domestiques et formes d'urbanité; n°2 ; pp59-76.
  • BOUTEFEU Emmanuel (2005); la demande sociale de la nature en ville ; enquête auprès de habitants de l'agglomération lyonnaise ; plan urbanisme construction architecteur (PUCA) et centre d'études sur les réseaux, les transports, l'urbanisme et les constructions publiques (CERTU) ; Éditions recherches ; p81.
  • CLERGEAU Philippe (2007) ; Une écologie du paysage urbain ; Édition Apogée, Rennes ; P136.
  • KERBOUC'H Anne (1998) ; La structure verte et forme urbaine, étude de la ville compacte ; mémoire de recherche magister III ; Tours ; p104.
  • MEHDI Lotfi (2005). La prise en compte de la structure verte dans l'aménagement urbain, dans le cas d'une densité urbaine : Etude de la ville de Bordj Bou Arréridj. Séminaire international : 12, 13 et 14 Novembre, 2005 Villes et Territoires, mutations et enjeux actuels (Algérie). Communication orale et article publié.
  • MEHDI Lotfi, SMAIL Zoubida, DI PIETRO Francesca (2009). Les Boisements de rétention des crues (BRC), un nouvel outil de prévention des risques urbains et de préservation de la biodiversité. Séminaire international : « La ville et les risques urbains », acteurs, pratiques urbaines, gestion et systèmes de prévention, 05 - 06 mai 2009 à Constantine (Algérie). Communication orale et article (publiée).
  • MERLIN Pierre et CHOAY Françoise (2005) ; Dictionnaire de l'urbanisme ; Édition Presse Universitaires de FRANCE ; P 963.
  • MEZIANE Abdellah (2004) ; Quel avenir pour les EV en Algérie ? ; in le Quotidien d'Oran-Opinions (18/02/2004) ; (SOURCE : http://fr.calameo.com/read/000001084bb7d13d598bf.)
  • Ministère de L'aménagement du Territoire, de L'environnement et du Tourisme (MATET) (2009) ; Quatrième rapport national sur la mise en œuvre de la convention sur la diversité biologique au niveau national ; 121p. (Source : http://www.cbd.int/doc/world/dz/dz-nr-04-fr.pdf).
  • Ministère de l'équipement, du logement, des transports et de l'espace (MELTE) (service technique de l'urbanisme) (1991) ; L'aménagement des EV, conception technique et réalisation, dossiers d'études et de travaux, modalités administratives ; Édition du Moniteur ; p 291.
  • Nicholas S.G. Williams, Mark W. Schwartz, Peter A. Vesk, Michael A. McCarthy, Amy K. Hahs, Steven E. Clemants, Richard T. Corlett, Richard P. Duncan, Briony A. Norton, Ken Thompson, Mark J. McDonnell (2008) ; A conceptual framework for predicting the effects of urban environments on floras ; in Journal of Ecology ; (source : http://www.botany.unimelb.edu.au/vesk/WilliamsEtAl2009.pdf).
  • SAWTSCHUK Youri (2005) ; Quelles formes d'aménagement pour les zones péri urbaines dans le corridor fluvial? Exemple de l'agglomération tourangelle ; DESS IHCE ; 79 p.
  • Troin Jean-François (dir) (2006) ; Le grand Maghreb ; Armand Colin ; 383 p.
  • WÖHRLE Hans-Jörg, WÖHRLE Regine Ellen (2008) ; Aménagement et végétation ; Édition BIRKHÄUSER, Berlin, 91p.
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A la jonction des métiers de la biodiversité urbaine  posté le dimanche 31 octobre 2010 23:33

Blog de paysagiste :architecte-paysagiste, A la jonction des métiers de la biodiversité urbaine

Parce que l'identité et le cachet historique d'une ville se reconnaissent à travers ses sites historiques, son architecture et son paysage urbain, que  se donner au combat pour la réussite des aménagements urbains et le cadre de vie des citadins dans un pays en voie de régression urbaine, comme l'Algérie, s'avère comme une chimère.

En Algérie, malgré le miracle de la nouvelle ville de Ain Témouchent et sa reconnaissance auprès des hautes autorités de la Banque Mondiale et suite à l'arrivée des années de l'embellie des réserves financières. La ville algérienne qui, durant des décennies, a connu une régression urbaine suite à l'extension urbanistique anarchique mené par une absence d'études urbanistiques menés par des architectes anti-progressistes, et qui ont été effectués au détriment du souci de la sauvegarde du patrimoine identitaire de certains milieux urbains. Connaît depuis quelques années d'éternels travaux de réfection de voirie et de réaménagement de ruelles et d'espaces publics des ses agglomérations. Ces opérations qui ont été accompagnées de démolitions et de reconstructions au niveau du tissu des parties anciennes de ces villes, ce qui est considéré par certains comme un massacre de l'ancien bâti pour faire porter atteinte à la mémoire et au passé historique de ces cités, sans vraiment voir l'intervention des quelques  associations de la protection du patrimoine, qui activent localement, puisqu'elles sont restées silencieuses devant l'avancée des engins et du béton, qui influent sur l'impact du paysage urbain, qui reste négligé par les maîtres d'ouvrage et les maitres d'œuvres, qui sont tenus par les délais de réalisation portés sur des cahiers des charges souvent réalisés sans coordination entre les différents métiers de la réussite des améliorations urbaines et du cadre de vie des citoyens.

Ce qui fait de la ville algérienne des amas d'immeubles désorganisés offrant un paysage banal et impossible à vivre pour le citoyen, c'est parce que l'Algérie, à l'instar des pays en voie de régression urbaine, manque de spécialistes, notamment des urbanistes et d'architectes paysagistes, pourquoi les pouvoirs publics qui ont conçu plusieurs édifices en forteresses ont raté l'occasion d'harmoniser les infrastructures avec le cadre de vie des citoyens, pourquoi au sein des pays de la civilisation urbaine, les architectes comme les urbanistes indiquent aujourd'hui, que le rôle du paysagiste en urbanisme consiste à réintégrer la ville dans son histoire et sa géographie, car la ville n'est pas seulement l'ensemble de flux, de masse et de réseaux, mais une évolution des espaces dans le temps. Lorsqu'on sait que le domaine de l'architecture du paysage est loin d'être considéré par l'ensemble des acteurs de la politique urbaine, comme un chef d'orchestre à la jonction d'une symphonie dans le processus des aménagements urbains, où les rôles des architectes et des urbanistes s'avèrent primordiaux, avec l'apport des métiers du sociologue et du philosophe, en passant par les artistes et les autres métiers techniques, car dans la réussite des programmes d'amélioration urbaine, architectes, urbanistes et paysagistes ont en commun de revendiquer chacun cette compétence de réussir le cadre de vie des citadins au sein de leurs habitats.  Même si leurs interventions auprès des maitres d'ouvrages sont parfois certes complémentaires, le plus souvent elles sont concurrentes, pourquoi cette liaison professionnelle constitue un enjeu considérable dans la réussite de la politique des aménagements urbains car si ces trois professions ne peuvent espérer exister ensemble sans conflits fratricides, ils doivent apprendre à travailler ensemble selon des modalités respectueuses pour un intérêt commun et loin du principe de l'identité des différents professionnels.

Parce que l'ensemble des métiers intervenant au sein des projets d'amélioration urbaine sont partie prenante et appartenant à la même logique bienfaisante, que la réussite des aménagements paysagers, au sein des agglomérations urbaines des pays en voie de régression urbaine comme l'Algérie, ne pourra devenir une réalité visible pour les citadins, que si vraiment il y aura l'idéologie de la reconnaissance mutuelle entre ces métiers, qui interviennent dans cette dynamique et tout en reconnaissant la valeur réelle de l'ambulancier de l'urbanisme moderne, qu'on honore en tant qu'architecte paysagiste, au sein des pays de la civilisation urbaine. Puisque durant la première moitié du XXe siècle les architectes, tout en constituant la plus ancienne des professions par rapport à celle des urbanistes et des paysagistes, n'ont pas su s'adapter, à l'arrivée de la commande publique, qui reste l'activité la plus prestigieuse et la plus désirable aux yeux de la plupart des professionnels, qui  représentaient les demandes croissantes de logements sociaux. Alors pour cet état de fait, il a été favorisé la naissance des professions d'urbaniste, puis celle du paysagiste qui a d'abord été appelé jardinier, jardiniste, architecte de jardin, avant de devenir  "architecte paysagiste" et de prendre en France le statut de paysagiste diplômé par le gouvernement (D.P.L.G) et d'ingénieur paysagiste.

Jusqu'au XIXe siècle, la commande quasi unique pour les paysagistes, était celle des jardins et des parcs appartenant aux familles royales et aristocratiques et dépendant de palais, châteaux, manoirs et villas. Elle concernait des architectes, autant que des jardiniers et des peintres et le plus souvent des autodidactes, parce que l'art des jardins en Europe se situait dans le prolongement de celui de la peinture, de la sculpture et de l'architecture, autant que du théâtre, de la musique, du roman et de la poésie. Comme le paysagiste était au service des princes et de la bourgeoisie commerciale, puis industrielle, dont il fabriquait le décor idyllique et emblématique de la vie publique et privée, alors que le phénomène majeur qui  a suscité une mobilisation de ces hommes de l'art par les pouvoirs publics et les États, était que lors de l'industrialisation naissante en Europe, il avait été le premier à poser la question de l'organisation des villes où affluaient les populations ouvrières puisque c'est en Angleterre, que le théoricien des jardins J.-C. Loudon, dès le début du XIXe siècle, recommanda pour la première fois l'embellissement de l'espace public pour créer des villes saines, agréables et préservées des épidémies, principes qui seront repris dans le réaménagement de Paris par le préfet Haussmann et l'ingénieur A. Alphand, avant qu'aux États-Unis, l'architecte paysagiste F.-L. Olmstead fondera ensuite les principes d'une planification des villes ménageant de vastes espaces publics verts, notamment à Boston et New-York.

L'architecture qui reste un élément fondamental de l'histoire, de la culture et du cadre de vie de chacun de figure comme l'un des modes d'expression artistiques essentiels dans la vie quotidienne des citoyens et constitue le patrimoine de demain à l'instar de l'urbanisme, puisque les urbanistes ont un  métier aussi ancien puisqu'on pouvait déjà parler d'un urbanisme antique, et cela même si au premier rang restaient toujours les architectes. Alors les urbanistes qui descendaient de professions bien établies dont ils se sont différenciés et partiellement autonomisés, doivent savoir, comme leurs collègues les architectes, ouvrir leur champ de vision professionnel aux paysagistes, surtout au sein de certains pays en voie de régression urbaine comme l'Algérie, car même si  l'urbaniste s'avère  une personne connaissant les outils nécessaires à la planification urbaine et travaille en relation étroite avec les élus sur les politiques d'aménagement et la conception des programmes pour améliorer le cadre de vie des citadins, tout en étudiant l'impact des projets d'équipement et de construction en collectant des données démographiques, économiques, sociologiques et recherche les solutions possibles dans un cadre de conception spatiale, et comme jusqu'à maintenant souvent le domaine d'activité de l'urbaniste varie selon sa formation annexe d'architecte, de paysagiste, de sociologue, de géographe où d'économiste et que  même si sa profession n'est pas toujours réglementée, comme celle du métier de paysagiste, alors afin d'atteindre le statut actuel d'architecte à travers le monde, qui est souvent protégé  par des ordres professionnels, le métier d'urbaniste doit se spécialiser dans son domaine spatial de l'espace urbain et laisser  le paysagiste, qui désigne autant les entrepreneurs paysagistes que les ingénieurs et les architectes paysagistes,  se cantonner dans la logique du développement durable de l'aspect environnementale des milieux paysagers urbains et suburbains.

Comme architectes, urbanistes et paysagistes exercent souvent leur métier en majorité sous la forme de la profession libérale, alors la place de l'architecture du paysage ne peut être  qu'associé aux métiers d'urbanisme et d'architecture dans le processus d'amélioration urbaine et des aménagements paysagers, car si les architectes paysagistes sont d'anciens artisans-pépiniéristes, ils ont très vite conquis leur statut de professionnels, pourquoi le terme de "paysagiste" qui est naît peu après la deuxième guerre mondiale et même s'ils restaient cantonnés à la conception des espaces verts sous l'autorité des architectes, avant de rentrer dans les organismes publics d'urbanisme, le plus souvent grâce à une double formation de paysagiste et d'urbaniste.  Au moment où les urbanistes avaient profité de l'abandon par les architectes de la question sociale pour s'imposer et comme alors l'attention croissante du moment était portée à la qualité du cadre de vie et les demandes qui en découlent, les architectes paysagistes, des années 1970, ont profité de cette occasion pour commencer à utiliser la notion de l'architecture du paysage au sein des aménagements des milieux urbains et suburbains, tout en se positionnant avec une matière délicate et exigeante, puisque vivante au cœur de leur pratique et parce que les professions d'architecture et d'urbanisme, qui étaient déjà installées, répondaient mal à cette demande car les urbanistes étaient absorbés par une pratique pour une large part technicienne et réglementaire, et entravés par l'opposition de moins en moins défendable entre l'urbain et le rural et que les architectes qui étaient centrés sur l'objet, avaient pour leur part tendance à négliger la dimension globale des problèmes urbains malgré que la qualité architecturale restera un élément constitutif de l'environnement tant rural qu'urbain.

Alors que dans la conception de bâtiments, où les architectes ne sont pas  concurrencés par les paysagistes et les urbanistes et même si à l'opposé, les architectes interviennent peu dans l'aménagement du territoire, à l'échelle de l'espace global, où le travail est plus souvent régulateur qu'opérationnel. La concurrence entre ces trois professions porte donc principalement sur le domaine intermédiaire de la composition urbaine, où se posent les problèmes les plus immédiatement concrets de l'urbanisme, proches de ceux que connaissaient les architectes et que les paysagistes revendiquaient car s'il était toujours difficile de définir clairement les champs d'intervention des trois professions, il est en revanche plus facile de dégager quelques régularités quant à leurs modalités respectives d'exercice car  les architectes qui se livrent à une pratique urbanistique sont d'autant plus nombreux à chercher hors de leur champ privilégié d'intervention, tout en intervenant même sur le territoire des paysagistes, tout en participant à la conception d'espaces publics, de jardins, ou en proposant des aménagements aux abords des bâtiments qu'ils conçoivent et cela parce que souvent le métier du paysagiste est loin d'être protégé par des lois adéquates et d'un ordre spécifique aux métier de l'architecture du paysage.

Non seulement les architectes paysagistes sont squattés par les architectes dans la maitrise d'œuvre de leurs projets au sein des milieux urbains des pays en voie de développement urbain, alors comme la frontière entre les interventions des architectes paysagistes et celles des urbanistes est la plus floue. Les architectes paysagistes, des pays de la civilisation urbaine, grignotent souvent le champ d'intervention des urbanistes, tout en critiquant la notion même d'urbain car pour eux, les évolutions récentes du territoire ont rendu illisible la frontière entre l'urbain et le rural, tout en rendant nécessaire une approche dégagée de ces concepts, afin de mettre en avant celui de réseaux et d'adopter une échelle de référence qui dépasse celle de la ville et cela parce que si la majorité des architectes et des paysagistes exercent une activité de maîtrise d'œuvre dans le cadre de structures indépendantes, le plus souvent les urbanistes sont présents dans des structures institutionnelles où ils se livrent à des activités de conseil ou d'élaboration de réglementations, au profit de la puissance publique, et notamment des collectivités territoriales.

Comme ce jeu d'orgueil professionnel tripartite n'est pas à somme nulle, puisque chacun de ces trois métiers consacrent leur énergie à des combats stériles, alors que se soit au sein des pays de la civilisation urbaine ou des pays de la régression urbaine, ces professionnels de l'architecture, de l'urbanisme et du paysage ne font qu'empêcher de convaincre les autorités et le public de l'intérêt de leurs interventions dans la politique d'amélioration urbaine et des aménagements paysagers de leurs agglomérations, afin qu'une demande considérable d'amélioration du cadre de vie devrait leur permettre de coexister ensemble car ce sont bien les aires urbaines qui connaissent maintenant la majeure partie de la croissance de la population humaine et que l'aménagement d'une aire urbaine a une influence considérable sur le développement durable ainsi que sur la qualité de la vie des citadins et cela parce que la création de parcs et d'espaces naturels au cœur d'un milieu urbain ne fait que fournir un habitat pour un certain nombre d'espèces tout en améliorant l'expérience de vie des habitants, qui à mesure que la qualité de la vie dans une aire urbaine augmente, ils tirent plus de plaisir de l'endroit où ils habitent parce que des contacts positifs avec leurs voisins et avec l'environnement bâti ainsi que naturel, leur donnent un sentiment d'identification, ou un sentiment d'appartenance à leur milieu urbain même.

Si au début du XXe siècle, on ne parlait pas d'espaces verts dans les milieux urbains et qu'il y avait souvent un ou deux jardiniers rattachés au service de la voirie qui s'occupaient du square du centre ville, pour tailler les arbres d'alignement et qu'ensuite, cela s'est appelé service des plantations, service des parcs et promenades, et puis, dans les années 1970, au moment où il y a eu un développement urbain relativement important en Europe, le terme espaces verts est apparu, et il a donc appelé Service des espaces verts tout en parlant de Service des espaces verts et de l'environnement, ou de l'écologie car  l'aménagement des espaces verts est devenu un point important des politiques d'améliorations urbaines pour les collectivités puisque parcs et jardins se multiplient ou sont réaménagés, pourquoi toutes les constructions, les immeubles et les usines devaient répondre à certains critères esthétiques et s'insérer dans ce que l'on appela le paysage urbain. En 2008, deux faits saillants se sont produits, au point que cette année constituerait tout simplement un point de bascule dans l'histoire de l'humanité car pour la première fois il a été dénombré, au niveau mondial, plus de personnes vivant dans les villes que dans les campagnes et qu'à un autre niveau, la terre a commencé à consommer plus que ce qu'elle n'est capable de produire, pourquoi de fait que le point de non retour se rapprochait et que la question environnementale au sein des milieux urbains devenait de plus en plus existentielle, les acteurs de la maitrise d'œuvre des aménagements urbains, qu'ils agissent dans l'architecture, l'urbanisme ou l'architecture du paysage, devaient savoir ménager leurs forces dans la perspective d'un travail collective et individuel afin de réussir le développement durable pour un cadre idéal de biodiversité au sein des milieux urbains, car depuis quelques années, les citadins, conscient de l'avenir de la terre en général et de leurs milieux urbains en particulier, sont de plus en plus nombreux à souhaiter vivre dans une agglomération plus verte et où la biodiversité à toute sa place car il existe aujourd'hui un refus du tout minéral et une vraie demande pour une nature de proximité dans les milieux urbains.

Comme une part croissante de la population, près de 75 % actuellement, vit dans des agglomérations urbaines qui ne cessent de grandir et que les citadins ressentent plus le besoin de contact avec la nature au sein de leurs milieux urbains, que les personnes vivant à la campagne, alors comme  la nature à l'état brut est quasiment absente des villes des pays en voie de régression urbaine. La solution commence à voir le jour au sein des pays du développement urbain, et cela depuis l'instauration de la loi du paysage ainsi que la Convention européenne du paysage, qui imposent que tout projet architectural doit préciser par des documents graphiques et photographiques, l'insertion dans l'environnement et l'impact visuel des bâtiments ainsi que le traitement de leurs accès et de leurs abords, puisque tout projet de construction architecturale important, fait appel à la nécessite d'intervention de l'architecte paysagiste, en plus de l'architecte et l'urbaniste et cela parc qu'il  a été constaté qu'il manquait au sein des milieux urbains surtout pour les jeunes et les enfants, des endroits pour observer, découvrir et expérimenter la nature et d'éviter de perdre le contact avec elle, pourquoi il est devenu primordiale de faire appel à l'architecture du paysage qui forme de vrais spécialistes du monde végétale aptes à intervenir au sein des aménagements urbains pour préserver les terrains sauvages et les espaces semi-naturels, tout en améliorant la qualité écologique des milieux urbains. 

L'architecture du paysage qui est à la fois domaine d'activité professionnelle et discipline universitaire, consiste à façonner consciemment l'espace extérieur à divers échelles puisqu'elle fait appel à l'aménagement, à la conception et à la gestion du paysage pour créer, entretenir, protéger et mettre en valeur des lieux de façon à les rendre à la fois fonctionnels, agréables à l'œil, durables et adaptés à différents besoins humains et écologiques. Étant donné la nature extrêmement diverse du paysage et des rapports que les hommes entretiennent avec lui, le domaine est d'une portée inhabituelle. Non seulement il s'appuie sur des concepts et des méthodes issus des deux côtés du traditionnel clivage entre arts créatifs et sciences naturelles, mais il intègre aussi des technologies et de nombreux aspects des sciences humaines. Cette complexité se reflète dans les approches très diverses de la discipline développées à travers l'Europe car dans certains pays par exemple, l'architecture du paysage contemporaine tire ses origines de l'horticulture tandis que dans d'autres, elle est issue de l'architecture, de l'aménagement du territoire ou des sciences environnementales, et ailleurs encore de l'agriculture, de la sylviculture ou de l'écologie et de la conservation de la nature. En tant que discipline, l'architecture du paysage se situe au point de rencontre entre sciences naturelles, sciences sociales et études littéraires. Comparée à beaucoup d'autres matières, l'architecture du paysage est une discipline universitaire relativement neuve. Bien qu'un architecte paysagiste allemand, Peter Joseph Lenné, ait fondé une école de jardiniers paysagistes près de Berlin en 1824, le premier cursus universitaire européen n'est apparu que près d'un siècle plus tard, en 1919, dans un pays alors assez jeune qu'est la Norvège. À cet égard, le « Nouveau monde » était en avance sur l'Europe, puisque le premier diplôme d'architecte paysagiste des États-Unis a été créé à l'université Harvard en 1899. Jusqu'au début du XXe siècle, la formation des professionnels du secteur de l'architecture du paysage reste très hétérogène. Certains effectuent un apprentissage auprès de jardiniers ou fréquentent des écoles d'horticulture; des architectes ou des ingénieurs, après avoir acquis des connaissances sur les plantes, tout en travaillant avec des jardiniers, développent la pratique de l'architecture du paysage sur le terrain. Dans certains pays européens, au sein de différentes disciplines dont l'horticulture et la sylviculture, mais aussi l'architecture, des universités proposent des cours sur la conception et l'entretien des jardins, des parcs et des paysages, en mettant l'accent sur la végétation.

Même si au sein des pays en voie de régression urbaine, au XXIe siècle le métier d'architecte paysagiste reste encore assez peu connu et plutôt difficile à cerner par les personnes n'étant pas proches de la profession et cela par cause d'une absence total de véritables réglementations. Au sein des pays de la civilisation urbaine, l'architecture du paysage a su former des professionnelles sachant analyser et comprendre les enjeux des milieux urbains et suburbains afin de mieux les concevoir, tout en sachant donner aux citadins le fruit d'une réflexion artistique et naturelle et comme en un temps record, cette nouvelle discipline a su mettre en place des formations plus cohérentes à travers différentes écoles et universités et même si ces formations sont devenus aussi facilement identifiables que celle des urbanistes et des architectes, alors puisque par manque d'effectif, il ne leur est pas permis la dispersion, il s'avère primordial, à travers les pays en voie de régression urbaine, comme l'Algérie, de créer des écoles et des cursus universitaires pour la formation des architectes paysagistes ainsi que des ingénieurs, car même si la procédure de multiplication des cursus universitaires risque de renforcer les tensions entre les différentes logiques professionnelles difficilement conciliables avec les urbanistes et les architectes autochtones. La création de cursus de formation de paysagistes s'avère nécessaire dans le cadre du développement durable des milieux urbains et de la nouvelle donne de la biodiversité, parce que les architectes paysagistes ne pourront s'imposer et trouver leur place dans la dynamique des aménagements paysagers qu'en étant plus nombreux au sein de leurs pays en voie de développement urbain, à l'instar de ce qu'ils ont su faire au sein des pays de la civilisation urbaine comme les Etats Unis et l'Australie, où le travail de l'architecte paysagiste s'avère à la jonction des différents métiers d'amélioration urbaine et une clé primordiale de la biodiversité et cela parce qu'il a su devenir un acteur incontournable des métiers d'architecture et d'urbanisme puisque par rapport à l'architecte, le paysagiste maitrise le design avec des formes vivantes végétales, ce qui lui donne la garantie d'un aménagement durable et évolutif et que par rapport à l'urbaniste, il sait maitriser la maitrise d'œuvre, ce qui donne à ses projets la garantie de la cohérence entre la planification à la réalisation concrète.

Meziane Abdellah, Architecte Paysagiste, membre de l'ASLA et de la CSLA.

Bibliographie :

  • La Ville, l'Urbain : l'État des savoirs, Paris, la Découverte, coll. «Textes à l'appui», 2000, pp. 215-224
  • LA FORMATION DES ARCHITECTES PAYSAGISTES, Ingrid SARLÖV HERLIN, Experte auprès du Conseil de l'Europe.
  • Elaboration d'une Composante de Programme Urbaine dans MAB, Proposition à l'UNESCO, Jim Birtch, Mai 2004.
  • Durnerin A. (2002). Architectes-paysagistes, horticulteurs et jardiniers à l'Ecole nationale d'horticulture de Versailles de 1874 à 1914. In Racine M. (Edit.), « Créateurs de jardins et de paysages», Arles, Actes Sud/ENSP.
  • Article de Nacer Haniche, «EXTENSION URBANISTIQUE ANARCHIQUE», paru à la «Tribune» du Jeudi 23 septembre 2010, page 16.

 

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A la recherche du salut de l'architecte paysagiste en Algérie.  posté le dimanche 28 février 2010 16:26

Blog de paysagiste :architecte-paysagiste, A la recherche du salut de l'architecte paysagiste en Algérie.

Blog de paysagiste : architecte-paysagiste, A la recherche du salut de l'architecte paysagiste en Algérie. Avec la mondialisation du tourisme de l'environ nement, et sa globalisation, puisque aucune ville dite verte, aucun lieu sain ne semble être épargné, Oran, pourtant réputée à l'échelle internationale demeure désertique et pâtit d'une urbanisation qui ne respecte aucune règle «esthétisante», aucune exigence environnementale; une urbanisation laquelle est l'antithèse parfaite du développement durable que les autorités locales présentent constamment comme quelque chose d'incontournable au point de la légaliser où qu'elle soit.

En ce sens si les services d'urbanisme d'Oran, en particulier municipaux, vantent les mérites des outils d'urbanisme outrageusement dépassés, voir même honnis par la réalité du terrain, et les perspectives d'un développement durable auquel ils ne semblent pas avoir compris grand-chose, ils devraient se pencher plus sérieusement sur ces dossiers qui ont révolté et révulsé l'ensemble des Oranais amoureux de leur ville, comme d'éclaircir l'affaire de ce colosse gargantuesque qui occupe la malheureuse place historique de Karguentah, cet amas d'édifice en béton au rond-point de Lotfi se trouvant d'ailleurs au pied d'arbres dont les racines sont restées des mois déracinées, et cette multitude de constructions qui surgit de manière très désordonnée tout au long du troisième périphérique.

 En fait la question est simple: comment se fait-il que ces constructions d'évidence contestées surgissent-elles à des endroits qui font parler d'eux et qui osent délivrer les permis de construire?

 Oran comme la plupart des villes algériennes ne bénéficie d'aucun sursaut de conscience de l'environnement. Le moindre espace «non occupé» est guetté et est susceptible d'être occupé par une immondice de construction. Tout le monde participe à ce fiasco, aussi bien l'Etat que le citoyen, qui lapident sans aucun remord, le foncier, la terre, l'environnement. Certes, il s'agit là d'un véritable génocide des environnements qu'aucune puissance publique ne semble vouloir arrêter.

 Nous pensons que ce qui peut sauver une ville, soulager ses maux, voire lui permettre de se réconcilier avec la nature, et avec elle-même au travers d'une architecture de qualité, c'est la volonté des hommes, la force de leur sens d'engagement, et non pas un POS ou un PDAU aussi bien établis soient-ils.

 Fort malheureusement, l'actuelle mairie d'Oran est absente, comme toutes celles qui l'ont précédée, elle perpétue la rupture avec le citoyen et au lieu d'agir en hommes et femmes de terrain, en contact constant avec les préoccupations des citoyens, elle agit plutôt en administration bureaucratique qui compte sur les budgets que le pouvoir central veut bien lui donner.

 Hors une Mairie avec un grand M. apprend à gagner son autonomie, se démarque d'abord par son sens de l'initiative, sa volonté de se réapproprier ses propres frontières comme d'encourager le mécénat, protéger ses jardins, arbres et plantes, préserver son patrimoine culturel particulièrement bâti qu'elle valorise… et sa volonté de se faire le lieu idéal de l'épanouissement citoyen. En grande partie, c'est cela un véritable projet de développement durable duquel peuvent espérer bénéficier les générations futures. Et non pas limiter un hôtel de ville à une aire de délivrance d'extraits de naissance (S 12), des fiches de résidence et autres documents officiels et faire croire que l'avenir d'une ville est dans un PDAU et un POS

 La représentation locale doit être capable d'aller au-delà de ces attitudes administratives. Nous fumes tous d'une manière ou d'une autre attirés par l'engagement des maires des villes occidentales, leur combat voire leur acharnement de faire de leurs villes les plus belles les plus attirantes les plus exemplaires possibles.

 Elles enchaînent les concours d'architecture, d'aménagements paysagers, de création artistique et les débats sur tout ce qui est relatif au devenir de la ville. Elles cherchent les investissements qui génèrent de l'emploi et qui leur permettent de remplir leurs caisses.

 Au même moment où nos élus se réfugient dans les mêmes arguments: «ce n'est pas le même contexte, ce ne sont pas les mêmes conditions de travail, ni les mêmes populations». Pourtant de nombreuses fois ils ont bénéficié de stages chez leurs confrères européens et qu'ont-ils appris apparemment: rien.

 Ce qui nous manque c'est un véritable projet de la ville auquel nous prenons tous part. Un projet qui est celui de l'appartenance à un lieu duquel nous nous sentons tous responsables. Un projet comme celui-ci ne peut naître que si une véritable politique de l'éducation citoyenne se met en place, mais avec les meilleurs, pas les plus diplômés, nous disons les meilleurs en termes d'instruction, de culture et d'engagement.

 Cela est encore une fois du développement durable, non pas un POS ou un PDAU, car que valent aussi ces documents s'ils ne sont pas pris en charge par des individus talentueux, visionnaires et ouverts d'esprit qui n'appliquent pas la loi avec rigidité, mais avec souplesse et qui font aimer par leur intelligence émotionnelle la loi. L'absence d'un tel esprit est à l'origine de l'échec de toutes les mesures (réglementaires) importées de l'Europe.

 Nous constatons l'échec du projet de ville algérienne. Alger (Oran de même), est parmi les capitales les plus impropres et les plus invivables du monde. Elle est classée troisième ville la plus sale au monde. A Oran les poubelles font partie du paysage. Il n'y existe pas une seule cité qui fasse exception en terme de propreté et d'entretien du bâti. En plein boulevard de la Soummam, au dos du récent hôtel Royal, des fenêtres sont briquées. Un parking, pourtant pouvant être classé œuvre d'architecture universelle puisque réalisé par l'entreprise des frères Perret est abandonné et démoli en partie pour laisser place à une construction en cours qui ne semble avoir aucun intérêt architectural. La cathédrale d'Oran où sont métissés les apports de trois grands architectes constructeurs de renommée incontestablement universelle: BALLU, le CORBUSIER et PERRET est dans un état de délabrement avancé.

 Et nous passons sur d'autres exemples qui démontrent l'absence totale de la mairie d'Oran. D'autant plus que la ruine fait ses pas au sein même de l'hôtel de ville

 Un projet de ville dépend donc de la qualité des hommes qui la représentent, mais surtout nous le répétons de leur engagement, et un urbanisme efficace n'est pas dans les plans, mais plutôt dans les opérations pilotes comme de lancer le projet d'un quartier modèle où les meilleures architectes sont conviés à y construire, ou celui d'un jardin moderne au coin d'une rue, ou la création d'une rue avec un concept plutôt artistique où les artisans ont la possibilité de se reproduire en toute sérénité, ou la préservation d'un quartier ancien de la pollution des machines et la préservation d'une ruine comme témoignage d'un savoir-faire qui n'est plus.

 Un projet de ville est celui qui fait unanimité et qui témoigne au quotidien de la régularité persévérante de ses élus locaux.

par Benkoula Sidi Mohammed El Habib

Architecte docteur en urbanisme maître de Conférences

http://books.google.fr/books?id=Pt9-5sbgUjMC&pg=PA285&lpg=PA285&dq=architecte+paysagiste+en+algerie&source=bl&ots=0dOCBWWqhf&sig=7Z_EEJUt4RWN7LgticY_QCDfDE&hl=fr&ei=fmQOS5PtKsP94Aa_6ZCZBA&sa=X&oi=book_result&ct=result&resnum=8&ved=0CCEQ6AEwBzgy#v=onepage&q=&f=false

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Quelle logique pour les aménagements des espaces verts en Algérie?  posté le vendredi 27 novembre 2009 16:34

Blog de paysagiste :architecte-paysagiste, Quelle logique pour les aménagements des espaces verts en Algérie?

Puisque les espaces verts sont l’ultime solution pour contrer l’avancée du béton et donner une meilleure qualité de cadre de vie aux agglomérations urbaines. L’Algérie, qui reste dans le cadre des pays en voie de régression urbaine,  est-elle à l’heure des aménagements paysagers avec des espaces verts adéquats?

Parce que chaque peuple à travers l’histoire avait appréhendé ses espaces verts selon ses propres visions culturelles mais aussi en fonction du rapport d’échange avec les autres cultures, qui ont traversé son territoire au fil du temps afin de réussir à l’entretenir au sein de son propre milieu respectif, tout en ayant une vision appropriée à son espace de vie au sein de son propre milieu urbain. A l’instar des métamorphoses urbaines actuelles au sein des pays de la civilisation urbaine, réussir l’édifice de la continuité historique des aménagements des espaces verts comme valeur singulière au sein des pays comme l’Algérie, est souvent pensé comme une problématique de premier degré dans laquelle les espaces verts agissent pleinement dans la manière de voir et d’imaginer l’agglomération urbaine de demain car au moment où les espaces verts dans le monde développé sont devenus le lieu de prédilection des architectes paysagistes, en Algérie, ils ont longtemps été considérés comme un simple investissement de décoration temporaire, juste pour le temps d’une visite présidentielle ou ministérielle, à l’instar des drapeaux ou des guirlandes.

Dire qu’en Algérie, à la veille de l’indépendance, les responsables pensaient à faire accompagner les aménagements des milieu urbain avec des espaces verts de bonne qualité et adaptés aux grandes lignes de l’architecture du paysage, c’était comme croire une réalité  chimérique car malgré les différents discours des responsables concernés, seuls les grands projets de bases de vie dans le Sahara étaient souvent dotés d’un programme bien ficelé, avec l’exigence de la présence d’un architecte paysagiste parce qu’ils étaient exigés par les investisseurs pétroliers étrangers. Donner une part raisonnable du budget d’investissement urbain à l’amélioration du cadre de vie du citoyen, avec la mise en place d’une politique d’aménagements d’espaces verts dans un cadre paysager, soit au niveau des équipements (Universités, CHU , etc..) ou des nouvelles villes et des grands projets de promotions immobilières, s’avérait comme un gaspillage car pour certains responsables, le citadin était considéré comme un nomade donc il n’avait nul besoin d’un cadre de vie agréable sédentaire avec des espaces verts dans la logique des aménagements paysagers.

Puisque pour réussir une meilleure qualité de cadre de vie au sein des milieux urbains, il faut que les espaces verts soient conçus par des architectes paysagistes selon les normes internationales de l’architecture du paysage, où le projet doit être adapté au site d’aménagement, en pensant l’environnement en termes culturels, plastiques, sociaux et écologiques et en lui accordant un entretien permanent réalisé par des jardiniers spécialisés, alors aujourd’hui que la population algérienne a presque doublé depuis la date de l’indépendance, les espaces verts existants sont souvent abandonnés au point que les budgets de gestion, s’ils existent, sont souvent détournés pour d’autres nécessités, s’ils ne sont pas alloués à des entreprises sans compétences dans l’aménagement des espaces verts et gérés par des architectes de bâtiment qui ne connaissent de l’architecture du paysage que les distances de plantation quelques arbres et arbustes.  

Si  en matière d’aménagement des espaces verts, jusqu’à 2006 la société algérienne marchait à l’envers, ce n’est que parce qu’il y avait une absence de législation adéquate pour la gestion des aménagements des espaces verts au sein des milieux urbains et que souvent les responsables concernés pensaient selon leurs propre techniques et leurs économies, peu importe que leurs agglomération urbaines  se rompent et se fragmentent. Depuis Septembre 2006, suite à l’instauration d’une loi d’orientation de la ville, grâce à la volonté du Ministère de l'Aménagement du Territoire et de l'Environnement et le combat de quelques architectes paysagistes, l’Algérie possède une nouvelle loi qui a pour objet de définir le cadre général, les règles de gestion, de protection et de développement des espaces verts dans le cadre du développement durable de ses milieux urbains et a pour objectifs d'améliorer le cadre de vie urbain, d'entretenir et d'améliorer la qualité des aménagements d’espaces verts urbains existants, de promouvoir la création d'espaces verts de toute nature et de faire de l'introduction des espaces verts dans tout projet de construction avec une obligation de prise en charge par les études urbanistiques et architecturales publiques et privées.

Vivre dans un paysage urbain en déliquescence permanente au point de transformer l’agglomération urbaine en un théâtre de régression  des espaces verts en continu et loin d’enchanter pour répondre au désir de l’œil et de l’âme du citadin, ce qui signifie que l’Algérie était loin de savoir appréhender les décisions adéquates qui lui permettent de réussir l’aménagement des espaces verts au sein de ses milieux urbains et de les mettre au service du cadre de vie de ses citadins, car tout en faisant des projets improvisés, loin de la conscience d’agir dans la logique du développement du projet paysage urbain et de la compréhension de la maitrise du temps et de l’espace, avec une ignorance de prendre les fonctionnements nécessaires afin d’y arriver à des dimensions urbaines munies d’échelles de lecture et de représentation du paysage urbain adéquats à chacun de ses milieux urbains, alors dans cette logique, l’aménagement paysager du milieu urbain avec des espaces verts s’avérait comme un facteur primordial pour la réussite de l’amélioration du cadre de vie des citadins, pourquoi il s’est avéré primordiale de mettre en place cette nouvelle loi des espaces verts car elle va embrayer chez les teneurs de décisions la perception d’une vie meilleur au sein du milieu urbain avec des espaces verts, tout en déclenchant la sensibilité et l’attention du citadin par rapport à son paysage urbain puisque la motivation paysagère au sein des aménagement urbains est avant tout une construction historique, sociale, culturelle et géographique agrémenté par un amour de la nature.

Ce n’est pas parce qu’aujourd’hui l’Algérie possède une loi d’orientation de la ville et une autre de la gestion des espaces verts, que cela veut dire que les problèmes existants au sein de ses milieux urbains vont arriver à leurs fin et que les citadins puissent enfin jouir d’un cadre de vie de meilleur qualité avec des espaces verts adéquats au sein de leurs agglomérations car si à l’instar des grandes cités européennes de la fin du XIX e siècle, les élites doivent admettre que le développement des milieux urbains ne peut être laissé au hasard et que pour parer aux conséquences parfois désastreuses de ce développement, il faut savoir contrôler l’aspect paysager car s’il était longtemps considéré comme un point de vue sur la nature qui s’offre à l’observateur, le paysage urbain doit devenir le point sensible des milieux urbains en Algérie parce que toute beauté est fondée sur les lois des formes naturelles et que l'architecture d’un milieu urbain est d'émouvoir et non d'offrir un simple service au corps de l'homme, pourquoi afin d’aboutir à ce pari, il faut que chaque intervenant dans le domaine de l’amélioration urbaine reste dans le domaine de sa spécialité et que l’urbaniste, l’architecte ou le forestier ne se mêlent pas du travail des architectes paysagistes qui sont formés pour intervenir dans les processus de programmation, d’élaboration et de réalisation des projets d’aménagement des espaces verts au sein des milieux urbains. Les architectes paysagistes sont à la fois concepteurs maître d’œuvres et médiateurs ainsi que les seuls partenaires et les interlocuteurs des décideurs des aménagements des espaces verts.

L’architecte paysagiste algérien doit pouvoir reprendre sa place de maître de bord des aménagements des espaces verts au sein des agglomérations urbaines et cela grâce à la volonté de l’Etat, par le biais du Ministère de l'Environnement et du Tourisme, en lui offrant une école de formation des architectes paysagistes, de meilleurs garanties de travail, ainsi que des lois adéquates pour déterminer  son rôle et ses interventions dans la logique de la politique d’amélioration urbaine parce qu’ il n’y a pas de solution unique et miraculeuse pour la réussite des aménagements des espaces verts sans l’architecte paysagiste en qualité de médiateur, puisqu’il est le seul qui saura réintégrer la ville et le village algérien dans son histoire et sa géographie et de donner une meilleure perspective à l’élan tant engagé ces dernières années à travers les différentes wilayas du pays à des milliards de Dinars, dans le cadre du programme présidentiel, afin de donner une meilleure qualité de cadre de vie aux citoyens algériens et que le renouveau urbain actuel en Algérie soit le fruit des ambulanciers de l’urbanisme moderne qui ont déjà su donner leurs preuves à travers les plus beaux milieux urbains du monde contemporain et même des plus petit village des pays de la civilisation urbaine.

Meziane Abdellah : Architecte paysagiste diplômé de Versailles, membre de l’A.S.L.A, de la C.S.L.A et de l’A.A.P.Q, Lakhdaria, Algérie

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