Parce que l'identité et le cachet historique d'une
ville se reconnaissent à travers ses sites historiques, son
architecture et son paysage urbain, que se donner au combat
pour la réussite des aménagements urbains et le cadre de vie des
citadins dans un pays en voie de régression urbaine, comme
l'Algérie, s'avère comme une chimère.
En Algérie, malgré le miracle de la nouvelle ville
de Ain Témouchent et sa reconnaissance auprès des hautes autorités
de la Banque Mondiale et suite à l'arrivée des années de l'embellie
des réserves financières. La ville algérienne qui, durant des
décennies, a connu une régression urbaine suite à l'extension
urbanistique anarchique mené par une absence d'études urbanistiques
menés par des architectes anti-progressistes, et qui ont été
effectués au détriment du souci de la sauvegarde du patrimoine
identitaire de certains milieux urbains. Connaît depuis quelques
années d'éternels travaux de réfection de voirie et de
réaménagement de ruelles et d'espaces publics des ses
agglomérations. Ces opérations qui ont été accompagnées de
démolitions et de reconstructions au niveau du tissu des parties
anciennes de ces villes, ce qui est considéré par certains comme un
massacre de l'ancien bâti pour faire porter atteinte à la mémoire
et au passé historique de ces cités, sans vraiment voir
l'intervention des quelques associations de la protection du
patrimoine, qui activent localement, puisqu'elles sont restées
silencieuses devant l'avancée des engins et du béton, qui influent
sur l'impact du paysage urbain, qui reste négligé par les maîtres
d'ouvrage et les maitres d'œuvres, qui sont tenus par les
délais de réalisation portés sur des cahiers des charges souvent
réalisés sans coordination entre les différents métiers de la
réussite des améliorations urbaines et du cadre de vie des
citoyens.
Ce qui fait de la ville algérienne des amas
d'immeubles désorganisés offrant un paysage banal et impossible à
vivre pour le citoyen, c'est parce que l'Algérie, à l'instar des
pays en voie de régression urbaine, manque de spécialistes,
notamment des urbanistes et d'architectes paysagistes, pourquoi les
pouvoirs publics qui ont conçu plusieurs édifices en forteresses
ont raté l'occasion d'harmoniser les infrastructures avec le cadre
de vie des citoyens, pourquoi au sein des pays de la civilisation
urbaine, les architectes comme les urbanistes indiquent
aujourd'hui, que le rôle du paysagiste en urbanisme consiste à
réintégrer la ville dans son histoire et sa géographie, car la
ville n'est pas seulement l'ensemble de flux, de masse et de
réseaux, mais une évolution des espaces dans le temps. Lorsqu'on
sait que le domaine de l'architecture du paysage est loin d'être
considéré par l'ensemble des acteurs de la politique urbaine, comme
un chef d'orchestre à la jonction d'une symphonie dans le processus
des aménagements urbains, où les rôles des architectes et des
urbanistes s'avèrent primordiaux, avec l'apport des métiers du
sociologue et du philosophe, en passant par les artistes et les
autres métiers techniques, car dans la réussite des programmes
d'amélioration urbaine, architectes, urbanistes et paysagistes ont
en commun de revendiquer chacun cette compétence de réussir le
cadre de vie des citadins au sein de leurs habitats. Même si
leurs interventions auprès des maitres d'ouvrages sont parfois
certes complémentaires, le plus souvent elles sont concurrentes,
pourquoi cette liaison professionnelle constitue un enjeu
considérable dans la réussite de la politique des aménagements
urbains car si ces trois professions ne peuvent espérer exister
ensemble sans conflits fratricides, ils doivent apprendre à
travailler ensemble selon des modalités respectueuses pour un
intérêt commun et loin du principe de l'identité des différents
professionnels.
Parce que l'ensemble des métiers intervenant
au sein des projets d'amélioration urbaine sont partie prenante et
appartenant à la même logique bienfaisante, que la réussite
des aménagements paysagers, au sein des agglomérations urbaines des
pays en voie de régression urbaine comme l'Algérie, ne pourra
devenir une réalité visible pour les citadins, que si vraiment il y
aura l'idéologie de la reconnaissance mutuelle entre ces métiers,
qui interviennent dans cette dynamique et tout en
reconnaissant la valeur réelle de l'ambulancier de l'urbanisme
moderne, qu'on honore en tant qu'architecte paysagiste, au sein des
pays de la civilisation urbaine. Puisque durant la première moitié
du XXe siècle les architectes, tout en constituant la plus ancienne
des professions par rapport à celle des urbanistes et des
paysagistes, n'ont pas su s'adapter, à l'arrivée de la commande
publique, qui reste l'activité la plus prestigieuse et la plus
désirable aux yeux de la plupart des professionnels, qui
représentaient les demandes croissantes de logements sociaux.
Alors pour cet état de fait, il a été favorisé la naissance des
professions d'urbaniste, puis celle du paysagiste qui a d'abord été
appelé jardinier, jardiniste, architecte de jardin, avant de
devenir "architecte paysagiste" et de prendre en France
le statut de paysagiste diplômé par le gouvernement (D.P.L.G)
et d'ingénieur paysagiste.
Jusqu'au XIXe siècle, la commande quasi unique pour
les paysagistes, était celle des jardins et des parcs appartenant
aux familles royales et aristocratiques et dépendant de palais,
châteaux, manoirs et villas. Elle concernait des architectes,
autant que des jardiniers et des peintres et le plus souvent des
autodidactes, parce que l'art des jardins en Europe se situait
dans le prolongement de celui de la peinture, de la sculpture et de
l'architecture, autant que du théâtre, de la musique, du roman et
de la poésie. Comme le paysagiste était au service des princes et
de la bourgeoisie commerciale, puis industrielle, dont il
fabriquait le décor idyllique et emblématique de la vie publique et
privée, alors que le phénomène majeur qui a suscité une
mobilisation de ces hommes de l'art par les pouvoirs publics et les
États, était que lors de l'industrialisation naissante en Europe,
il avait été le premier à poser la question de l'organisation
des villes où affluaient les populations ouvrières puisque c'est en
Angleterre, que le théoricien des jardins J.-C. Loudon, dès le
début du XIXe siècle, recommanda pour la première fois
l'embellissement de l'espace public pour créer des villes saines,
agréables et préservées des épidémies, principes qui seront repris
dans le réaménagement de Paris par le préfet Haussmann et
l'ingénieur A. Alphand, avant qu'aux États-Unis, l'architecte
paysagiste F.-L. Olmstead fondera ensuite les principes d'une
planification des villes ménageant de vastes espaces publics verts,
notamment à Boston et New-York.
L'architecture qui reste un élément
fondamental de l'histoire, de la culture et du cadre de vie de
chacun de figure comme l'un des modes d'expression artistiques
essentiels dans la vie quotidienne des citoyens et constitue le
patrimoine de demain à l'instar de l'urbanisme,
puisque les urbanistes ont un métier aussi
ancien puisqu'on pouvait déjà parler d'un urbanisme antique,
et cela même si au premier rang restaient toujours les
architectes. Alors les urbanistes qui descendaient de
professions bien établies dont ils se sont différenciés et
partiellement autonomisés, doivent savoir, comme leurs
collègues les architectes, ouvrir leur champ de vision
professionnel aux paysagistes, surtout au sein de certains pays en
voie de régression urbaine comme l'Algérie, car même si
l'urbaniste s'avère une personne connaissant les outils
nécessaires à la planification urbaine et travaille en relation
étroite avec les élus sur les politiques d'aménagement et la
conception des programmes pour améliorer le cadre de vie des
citadins, tout en étudiant l'impact des projets d'équipement et de
construction en collectant des données démographiques, économiques,
sociologiques et recherche les solutions possibles dans un cadre de
conception spatiale, et comme jusqu'à maintenant souvent le
domaine d'activité de l'urbaniste varie selon sa formation annexe
d'architecte, de paysagiste, de sociologue, de géographe où
d'économiste et que même si sa profession n'est pas toujours
réglementée, comme celle du métier de paysagiste,
alors afin d'atteindre le statut actuel d'architecte à travers
le monde, qui est souvent protégé par des ordres
professionnels, le métier d'urbaniste doit se spécialiser dans son
domaine spatial de l'espace urbain et laisser le paysagiste,
qui désigne autant les entrepreneurs paysagistes que les ingénieurs
et les architectes paysagistes, se cantonner dans la logique
du développement durable de l'aspect environnementale des milieux
paysagers urbains et suburbains.
Comme architectes, urbanistes et paysagistes
exercent souvent leur métier en majorité sous la forme de la
profession libérale, alors la place de l'architecture du paysage ne
peut être qu'associé aux métiers d'urbanisme et
d'architecture dans le processus d'amélioration urbaine et des
aménagements paysagers, car si les architectes paysagistes sont
d'anciens artisans-pépiniéristes, ils ont très vite conquis leur
statut de professionnels, pourquoi le terme de "paysagiste" qui est
naît peu après la deuxième guerre mondiale et même s'ils restaient
cantonnés à la conception des espaces verts sous l'autorité des
architectes, avant de rentrer dans les organismes publics
d'urbanisme, le plus souvent grâce à une double formation de
paysagiste et d'urbaniste. Au moment où les urbanistes
avaient profité de l'abandon par les architectes de la question
sociale pour s'imposer et comme alors l'attention croissante du
moment était portée à la qualité du cadre de vie et les demandes
qui en découlent, les architectes paysagistes, des années 1970, ont
profité de cette occasion pour commencer à utiliser la notion de
l'architecture du paysage au sein des aménagements des milieux
urbains et suburbains, tout en se positionnant avec une matière
délicate et exigeante, puisque vivante au cœur de leur
pratique et parce que les professions d'architecture et
d'urbanisme, qui étaient déjà installées, répondaient mal à cette
demande car les urbanistes étaient absorbés par une pratique
pour une large part technicienne et réglementaire, et entravés par
l'opposition de moins en moins défendable entre l'urbain et le
rural et que les architectes qui étaient centrés sur l'objet,
avaient pour leur part tendance à négliger la dimension globale des
problèmes urbains malgré que la qualité architecturale restera un
élément constitutif de l'environnement tant rural
qu'urbain.
Alors que dans la conception de bâtiments, où les
architectes ne sont pas concurrencés par les paysagistes et
les urbanistes et même si à l'opposé, les architectes interviennent
peu dans l'aménagement du territoire, à l'échelle de l'espace
global, où le travail est plus souvent régulateur qu'opérationnel.
La concurrence entre ces trois professions porte donc
principalement sur le domaine intermédiaire de la composition
urbaine, où se posent les problèmes les plus immédiatement concrets
de l'urbanisme, proches de ceux que connaissaient les architectes
et que les paysagistes revendiquaient car s'il était toujours
difficile de définir clairement les champs d'intervention des trois
professions, il est en revanche plus facile de dégager quelques
régularités quant à leurs modalités respectives d'exercice
car les architectes qui se livrent à une pratique
urbanistique sont d'autant plus nombreux à chercher hors de leur
champ privilégié d'intervention, tout en intervenant même sur le
territoire des paysagistes, tout en participant à la conception
d'espaces publics, de jardins, ou en proposant des aménagements aux
abords des bâtiments qu'ils conçoivent et cela parce que souvent le
métier du paysagiste est loin d'être protégé par des lois adéquates
et d'un ordre spécifique aux métier de l'architecture du
paysage.
Non seulement les architectes paysagistes sont
squattés par les architectes dans la maitrise d'œuvre de
leurs projets au sein des milieux urbains des pays en voie de
développement urbain, alors comme la frontière entre les
interventions des architectes paysagistes et celles des
urbanistes est la plus floue. Les architectes paysagistes, des pays
de la civilisation urbaine, grignotent souvent le champ
d'intervention des urbanistes, tout en critiquant la notion même
d'urbain car pour eux, les évolutions récentes du territoire ont
rendu illisible la frontière entre l'urbain et le rural, tout en
rendant nécessaire une approche dégagée de ces concepts, afin de
mettre en avant celui de réseaux et d'adopter une échelle de
référence qui dépasse celle de la ville et cela parce que si la
majorité des architectes et des paysagistes exercent une activité
de maîtrise d'œuvre dans le cadre de structures
indépendantes, le plus souvent les urbanistes sont présents dans
des structures institutionnelles où ils se livrent à des activités
de conseil ou d'élaboration de réglementations, au profit de la
puissance publique, et notamment des collectivités
territoriales.
Comme ce jeu d'orgueil professionnel tripartite
n'est pas à somme nulle, puisque chacun de ces trois métiers
consacrent leur énergie à des combats stériles, alors que se soit
au sein des pays de la civilisation urbaine ou des pays de la
régression urbaine, ces professionnels de l'architecture, de
l'urbanisme et du paysage ne font qu'empêcher de convaincre les
autorités et le public de l'intérêt de leurs interventions dans la
politique d'amélioration urbaine et des aménagements paysagers de
leurs agglomérations, afin qu'une demande considérable
d'amélioration du cadre de vie devrait leur permettre de coexister
ensemble car ce sont bien les aires urbaines qui connaissent
maintenant la majeure partie de la croissance de la population
humaine et que l'aménagement d'une aire urbaine a une
influence considérable sur le développement durable ainsi
que sur la qualité de la vie des citadins et cela parce que la
création de parcs et d'espaces naturels au cœur d'un milieu
urbain ne fait que fournir un habitat pour un certain nombre
d'espèces tout en améliorant l'expérience de vie des habitants, qui
à mesure que la qualité de la vie dans une aire urbaine augmente,
ils tirent plus de plaisir de l'endroit où ils habitent parce
que des contacts positifs avec leurs voisins et avec
l'environnement bâti ainsi que naturel, leur donnent un
sentiment d'identification, ou un sentiment d'appartenance à leur
milieu urbain même.
Si au début du XXe siècle, on ne parlait pas
d'espaces verts dans les milieux urbains et qu'il y avait souvent
un ou deux jardiniers rattachés au service de la voirie qui
s'occupaient du square du centre ville, pour tailler les arbres
d'alignement et qu'ensuite, cela s'est appelé service des
plantations, service des parcs et promenades, et puis, dans les
années 1970, au moment où il y a eu un développement urbain
relativement important en Europe, le terme espaces verts est
apparu, et il a donc appelé Service des espaces verts tout en
parlant de Service des espaces verts et de l'environnement, ou de
l'écologie car l'aménagement des espaces verts est devenu un
point important des politiques d'améliorations urbaines pour les
collectivités puisque parcs et jardins se multiplient ou sont
réaménagés, pourquoi toutes les constructions, les immeubles et les
usines devaient répondre à certains critères esthétiques et
s'insérer dans ce que l'on appela le paysage urbain. En 2008, deux
faits saillants se sont produits, au point que cette année
constituerait tout simplement un point de bascule dans l'histoire
de l'humanité car pour la première fois il a été dénombré, au
niveau mondial, plus de personnes vivant dans les villes que dans
les campagnes et qu'à un autre niveau, la terre a commencé à
consommer plus que ce qu'elle n'est capable de produire, pourquoi
de fait que le point de non retour se rapprochait et que la
question environnementale au sein des milieux urbains devenait de
plus en plus existentielle, les acteurs de la maitrise
d'œuvre des aménagements urbains, qu'ils agissent dans
l'architecture, l'urbanisme ou l'architecture du paysage, devaient
savoir ménager leurs forces dans la perspective d'un travail
collective et individuel afin de réussir le développement durable
pour un cadre idéal de biodiversité au sein des milieux
urbains, car depuis quelques années, les citadins, conscient
de l'avenir de la terre en général et de leurs milieux urbains en
particulier, sont de plus en plus nombreux à souhaiter vivre dans
une agglomération plus verte et où la biodiversité à toute sa place
car il existe aujourd'hui un refus du tout minéral et une vraie
demande pour une nature de proximité dans les milieux
urbains.
Comme une part croissante de la population, près de
75 % actuellement, vit dans des agglomérations urbaines qui ne
cessent de grandir et que les citadins ressentent plus le besoin de
contact avec la nature au sein de leurs milieux urbains, que les
personnes vivant à la campagne, alors comme la nature à
l'état brut est quasiment absente des villes des pays en voie de
régression urbaine. La solution commence à voir le jour au sein des
pays du développement urbain, et cela depuis l'instauration de
la loi du paysage ainsi que la Convention européenne du paysage,
qui imposent que tout projet architectural doit préciser par des
documents graphiques et photographiques, l'insertion dans
l'environnement et l'impact visuel des bâtiments ainsi que le
traitement de leurs accès et de leurs abords, puisque tout
projet de construction architecturale important, fait appel à la
nécessite d'intervention de l'architecte paysagiste, en plus de
l'architecte et l'urbaniste et cela parc qu'il a été constaté
qu'il manquait au sein des milieux urbains surtout pour les
jeunes et les enfants, des endroits pour observer, découvrir et
expérimenter la nature et d'éviter de perdre le contact avec elle,
pourquoi il est devenu primordiale de faire appel à l'architecture
du paysage qui forme de vrais spécialistes du monde végétale aptes
à intervenir au sein des aménagements urbains pour préserver les
terrains sauvages et les espaces semi-naturels, tout en améliorant
la qualité écologique des milieux
urbains.
L'architecture du paysage qui est à la fois domaine
d'activité professionnelle et discipline universitaire, consiste à
façonner consciemment l'espace extérieur à divers échelles
puisqu'elle fait appel à l'aménagement, à la conception et à la
gestion du paysage pour créer, entretenir, protéger et mettre en
valeur des lieux de façon à les rendre à la fois fonctionnels,
agréables à l'œil, durables et adaptés à différents besoins
humains et écologiques. Étant donné la nature extrêmement diverse
du paysage et des rapports que les hommes entretiennent avec lui,
le domaine est d'une portée inhabituelle. Non seulement il s'appuie
sur des concepts et des méthodes issus des deux côtés du
traditionnel clivage entre arts créatifs et sciences naturelles,
mais il intègre aussi des technologies et de nombreux aspects des
sciences humaines. Cette complexité se reflète dans les approches
très diverses de la discipline développées à travers l'Europe car
dans certains pays par exemple, l'architecture du paysage
contemporaine tire ses origines de l'horticulture tandis que dans
d'autres, elle est issue de l'architecture, de l'aménagement du
territoire ou des sciences environnementales, et ailleurs encore de
l'agriculture, de la sylviculture ou de l'écologie et de la
conservation de la nature. En tant que discipline, l'architecture
du paysage se situe au point de rencontre entre sciences
naturelles, sciences sociales et études littéraires. Comparée à
beaucoup d'autres matières, l'architecture du paysage est une
discipline universitaire relativement neuve. Bien qu'un architecte
paysagiste allemand, Peter Joseph Lenné, ait fondé une école de
jardiniers paysagistes près de Berlin en 1824, le premier cursus
universitaire européen n'est apparu que près d'un siècle plus tard,
en 1919, dans un pays alors assez jeune qu'est la Norvège. À cet
égard, le « Nouveau monde » était en avance sur l'Europe, puisque
le premier diplôme d'architecte paysagiste des États-Unis a été
créé à l'université Harvard en 1899. Jusqu'au début du XXe siècle,
la formation des professionnels du secteur de l'architecture du
paysage reste très hétérogène. Certains effectuent un apprentissage
auprès de jardiniers ou fréquentent des écoles d'horticulture; des
architectes ou des ingénieurs, après avoir acquis des connaissances
sur les plantes, tout en travaillant avec des jardiniers,
développent la pratique de l'architecture du paysage sur le
terrain. Dans certains pays européens, au sein de différentes
disciplines dont l'horticulture et la sylviculture, mais aussi
l'architecture, des universités proposent des cours sur la
conception et l'entretien des jardins, des parcs et des paysages,
en mettant l'accent sur la végétation.
Même si au sein des pays en voie de régression
urbaine, au XXIe siècle le métier d'architecte paysagiste reste
encore assez peu connu et plutôt difficile à cerner par les
personnes n'étant pas proches de la profession et cela par cause
d'une absence total de véritables réglementations. Au sein des pays
de la civilisation urbaine, l'architecture du paysage a su former
des professionnelles sachant analyser et comprendre les enjeux des
milieux urbains et suburbains afin de mieux les concevoir, tout en
sachant donner aux citadins le fruit d'une réflexion artistique et
naturelle et comme en un temps record, cette nouvelle
discipline a su mettre en place des formations plus cohérentes
à travers différentes écoles et universités et même si ces
formations sont devenus aussi facilement identifiables que celle
des urbanistes et des architectes, alors puisque par manque
d'effectif, il ne leur est pas permis la dispersion, il s'avère
primordial, à travers les pays en voie de régression urbaine, comme
l'Algérie, de créer des écoles et des cursus universitaires
pour la formation des architectes paysagistes ainsi que des
ingénieurs, car même si la procédure de multiplication des
cursus universitaires risque de renforcer les tensions entre les
différentes logiques professionnelles difficilement conciliables
avec les urbanistes et les architectes autochtones. La création de
cursus de formation de paysagistes s'avère nécessaire dans le cadre
du développement durable des milieux urbains et de la nouvelle
donne de la biodiversité, parce que les architectes
paysagistes ne pourront s'imposer et trouver leur place dans la
dynamique des aménagements paysagers qu'en étant plus nombreux au
sein de leurs pays en voie de développement urbain, à l'instar de
ce qu'ils ont su faire au sein des pays de la civilisation urbaine
comme les Etats Unis et l'Australie, où le travail de l'architecte
paysagiste s'avère à la jonction des différents métiers
d'amélioration urbaine et une clé primordiale de la biodiversité et
cela parce qu'il a su devenir un acteur
incontournable des métiers d'architecture et d'urbanisme puisque
par rapport à l'architecte, le paysagiste maitrise le design avec
des formes vivantes végétales, ce qui lui donne la garantie d'un
aménagement durable et évolutif et que par rapport à l'urbaniste,
il sait maitriser la maitrise d'œuvre, ce qui donne à ses
projets la garantie de la cohérence entre la planification à la
réalisation concrète.
Meziane Abdellah, Architecte Paysagiste, membre de
l'ASLA et de la CSLA.
Bibliographie :
- La Ville, l'Urbain : l'État des
savoirs, Paris, la Découverte, coll. «Textes à l'appui», 2000,
pp. 215-224
- LA FORMATION DES ARCHITECTES PAYSAGISTES,
Ingrid SARLÖV HERLIN, Experte auprès du Conseil de
l'Europe.
- Elaboration d'une Composante de Programme
Urbaine dans MAB, Proposition à l'UNESCO, Jim Birtch, Mai
2004.
- Durnerin A. (2002).
Architectes-paysagistes, horticulteurs et jardiniers à l'Ecole
nationale d'horticulture de Versailles de 1874 à 1914. In Racine M.
(Edit.), « Créateurs de jardins et de paysages», Arles,
Actes Sud/ENSP.
- Article de Nacer Haniche, «EXTENSION
URBANISTIQUE ANARCHIQUE», paru à la «Tribune» du Jeudi 23 septembre
2010, page 16.